L’automne de toutes les quêtes sur nos grands écrans

Le très attendu «Dune», de Denis Villeneuve, avec entre autres Josh Brolin et Timothée Chalamet
Photo: Warner Bros. Pictures Le très attendu «Dune», de Denis Villeneuve, avec entre autres Josh Brolin et Timothée Chalamet

Après avoir été des mois durant la représentation littérale de l’expression « salles obscures », ces dernières ont recommencé à accueillir des films. Timidement, le public renoue avec l’expérience cinématographique. Au Québec, les distributeurs espèrent voir les cinéphiles nombreux cet automne devant une offre très diversifiée. Or, si l’on peut s’attendre à une réjouissante diversité d’œuvres, il reste qu’au sein du cru automnal une ligne de force émerge de manière assez nette. En effet, ce sera la saison de toutes les quêtes : existentielles, identitaires, de dépassement de soi…

L’héroïne de Nadia, Butterfly (Katerine Savard), le second long métrage de Pascal Plante après le remarqué Les faux tatouages, donnera le ton. À l’issue de sa dernière épreuve aux Jeux olympiques, cette nageuse de 23 ans à peine prendra sa retraite. Mais son sport et la discipline qui vient avec l’ayant jusque-là définie tout entière, qui est-elle ? Réponse le 18 septembre.

La définition d’une identité à soi est aussi au cœur de Sisters : Dreams and Variations, un documentaire expérimental de Catherine Legault dans lequel deux sœurs montréalaises partent explorer leurs racines islandaises. Aussi le 18 septembre.

Quant à la protagoniste de La déesse des mouches à feu, d’Anaïs Barbeau-Lavalette, une jeune fille dont l’adolescence est un long fleuve pas du tout tranquille, elle cherchera l’oubli, l’amour, mais aussi elle-même, dans divers dérapages et excès. D’après le roman de Geneviève Pettersen. En salle ici le 25 septembre, après un long périple à travers le monde, lancé en grande pompe à Berlin, en février dernier.

Photo: Terre Innue Maison 4:3 «Je m’appelle humain» est un documentaire consacré à la poète Joséphine Bacon.

Dans Souterrain, de Sophie Dupuis, dont le premier film Chien de garde a épaté, la quête en est une d’apaisement alors qu’un mineur à peine entré dans l’âge adulte (Joakim Robillard) se débat avec un immense sentiment de culpabilité. Descendu sous terre pour une opération de sauvetage, il entrevoit une possible rédemption. Au cinéma le 9 octobre, juste après avoir ouvert le 49e Festival du nouveau cinéma (FNC), le 7 octobre.

Quête de consolidation de la mémoire, de vérité aussi à n’en pas douter, que celle poursuivie dans La contemplation du mystère d’Albéric Aurtenèche. Sorte de survenant, le fils (Emmanuel Schwartz) qui revient sur les terres héritées de feu son père avec à la bouche maintes questions, en rendra plus d’un nerveux dans ce qui se présente comme un récit initiatique doublé d’un suspense. Le 16 octobre.

Dans My Salinger Year, de Philippe Falardeau, une aspirante écrivaine espère nourrir sa passion au contact de l’agente littéraire de J.D. Salinger. Son idéalisme survivra-t-il au choc du réel ? Le 23 octobre, après lui aussi avoir fait ses débuts à la Berlinale, en février dernier, et peu après avoir fermé le FNC, le 17 octobre.

Loin de la fiction, le groupe de femmes déterminées qui se mesure à l’immensité et à elles-mêmes lors d’une périlleuse expédition au Nunavik dans le documentaire Traversées, de Florence Pelletier et Caroline Côté, est certain d’inspirer. Repousser ses limites physiques et se redécouvrir au détour. Le 30 octobre.

Je m’appelle humain, long métrage documentaire écrit et réalisé par Kim O’Bomsawin, propose une incursion dans l’histoire aux côtés de la poète et, disons-le, tésor national Joséphine Bacon, une femme libre qui a consacré sa vie à transmettre son savoir et celui de ses ancêtres. Le 13 novembre.

Avec Les vieux chums, Claude Gagnon propose, lui, une histoire d’amitiés masculines plurielles mue par le désir de sérénité ressenti par un homme au seuil de la mort (Patrick Labbé). Le 6 novembre.

Enfin, dans la nouvelle adaptation de Maria Chapdelaine, la célèbre héroïne du terroir tiraillée entre trois soupirants et autant de destins différents, devra déterminer, au-delà de ce dilemme amoureux, quelle femme elle souhaite devenir. Un film de Sébastien Pilote à déballer le 11 décembre.

Le cas Villeneuve

C’est techniquement une (super)production hollywoodienne, mais il y a du talent québécois à profusion dans le très, très attendu Dune, de Denis Villeneuve (Arrival, Blade Runner 2049). Et ce n’est pas faire preuve de chauvinisme que de l’écrire, en témoignait, tout récemment, un numéro spécial du magazine Empire. Tiré d’un classique de la littérature de science-fiction — et chef-d’oeuvre tout court — signé Frank Herbert, Dune a déjà fait l’objet d’une adaptation par David Lynch. Adaptation que ce dernier a ensuite reniée et dont il refuse de parler. Une minisérie a aussi été tournée en 2000. Assurément un projet de rêve, et peut-être le film d’une vie, ce Dune-ci a été bichonné en amont par le cinéaste québécois, un amoureux du roman et de l’univers qui s’y déploie. Il s’agit d’un récit initiatique, à nouveau, celui de Paul Atreides, jeune noble issu d’une dynastie galactique amené à devenir une sorte de messie avec, en toile de fond, une guerre clanique pour le contrôle d’une planète productrice d’une substance toute-puissante : l’épice. Le dévoilement des premières images n’a fait qu’accroître le niveau d’impatience. Le 18 décembre.