«Mon cirque à moi»: un baume pour égayer les jours sombres

De Miryam Bouchard, «Mon cirque à moi», avec Patrick Huard, Jasmine Lemée et Robin Aubert, est une première œuvre charmante dont les rayons de magie, de douceur et d’espoir transpercent les nuages pour faire naître les sourires et réchauffer les cœurs.
Photo: Laurent Guérin De Miryam Bouchard, «Mon cirque à moi», avec Patrick Huard, Jasmine Lemée et Robin Aubert, est une première œuvre charmante dont les rayons de magie, de douceur et d’espoir transpercent les nuages pour faire naître les sourires et réchauffer les cœurs.

En entrevue au Devoir, Miryam Bouchard affirmait la semaine dernière que l’un de ses souhaits, avec son premier long métrage, était que les spectateurs « vivent un moment d’émerveillement à travers cette grosse zone de gris que vit la planète ». C’est exactement ce qu’elle accomplit avec Mon cirque à moi, une première œuvre charmante dont les rayons de magie, de douceur et d’espoir transpercent les nuages pour faire naître les sourires et réchauffer les cœurs.

Laura (Jasmine Lemée), 12 ans, tente avec difficulté de conjuguer éducation et amitiés avec la vie de tournée que lui impose son père (Patrick Huard), Bill Bouchard, clown de métier.

Souvent contrainte de rater les cours, la jeune fille parcourt le Québec en Fée Charabia pour prêter main-forte à Bill et à son technicien Mandeep (Robin Aubert, qui crée volontairement le malaise dans un faux cas d’appropriation culturelle), un mystérieux homme muet prétendument né au Bengale et allaité par une tigresse. Alors que tous les adolescents rêvent de s’émanciper, Laura n’a qu’un seul but : avoir une vie plus rangée.

Librement inspiré de l’enfance de Miryam Bouchard, qui avait l’habitude de suivre et d’assister son père — le comédien, clown et poète Reynald Bouchard — en tournée, le film raconte les conflits et les antagonismes qui prennent vie entre une jeune fille brillante qui bûche pour entrer dans un collège privé et son père épris de liberté qui n’a que faire des conventions, et qui ne jure que par l’école de la vie.

Hommage lumineux au théâtre de rue des années 1970 et 1980, le long métrage redonne vie à l’effervescence de ces spectacles déambulatoires et impromptus, où la magie est tributaire des rires et de l’émerveillement. La cinéaste exploite avec brio les amalgames de couleurs, d’éclats saugrenus et de féerie que permet son univers clownesque.

Cette liberté donne lieu à certaines prises de vues sublimes, dont le naturel teinté d’onirisme semble tout droit sorti de l’imaginaire d’un enfant. On se rappellera longtemps cette scène — tirée d’un fait vécu — où un cortège composé d’une fanfare, d’échassiers et d’artistes en costumes de scène déambule, des larmes sur les joues, pour rendre un dernier hommage au clown Guédille (Jean Lapointe).

La caméra tire abondamment profit du visage de clown triste de Patrick Huard, dont les tics et expressions empruntent beaucoup à Reynald Bouchard. Le reste de la distribution est également impeccable. Jasmine Lemée crève l’écran dans son premier grand rôle, et contribue à élever l’innocence et la simplicité du scénario en un récit émouvant et universel.

Mon cirque à moi est un véritable baume pour le cœur et un important plaidoyer sur le rôle crucial de l’art vivant pour illuminer les jours sombres. À voir en famille ou en solo, pour ne jamais oublier d’où l’on vient.  

 

Mon cirque à moi

★★★ 1/2

Comédie dramatique de Miryam Bouchard. Avec Patrick Huard, Jasmine Lemée, Robin Aubert, Sophie Lorain. Québec, 2020, 100 minutes.