Hollywood perd une icône de son âge d’or

Olivia de Havilland en 1948. L'actrice, connue pour son rôle de la gentille Melanie Wilkes dans «Autant en emporte le vent», est décédée dimanche à l'âge de 104 ans.
Photo: Marcus Goodrich Archives Associated Press Olivia de Havilland en 1948. L'actrice, connue pour son rôle de la gentille Melanie Wilkes dans «Autant en emporte le vent», est décédée dimanche à l'âge de 104 ans.

Figure emblématique de l’âge d’or d’Hollywood, l’actrice britannique naturalisée américaine et française Olivia de Havilland s’est éteinte dimanche à l’âge de 104 ans. Deux fois lauréate d’un Oscar, elle avait osé jadis défier le système hollywoodien des contrats.

Havilland est morte de causes naturelles dans sa maison, à Paris, a indiqué l’agente de publicité Lisa Goldberg. Elle s’était installée dans la Ville Lumière à la suite de son mariage avec le secrétaire général de Paris Match, Pierre Galante, en 1955. Elle y était restée, même après son divorce en 1979. Elle était aussi la sœur de Joan Fontaine, elle-même lauréate d’un Oscar.

Son rôle le plus connu est sans doute celui de la gentille Melanie Wilkes dans Autant en emporte le vent, qui lui avait valu une nomination pour l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle en 1940. Elle avait été élue meilleure actrice pour les films À chacun son destin, en 1944, et L’héritière, en 1950. Elle compte aussi à son palmarès le prix de l’interprétation féminine à la Mostra de Venise, obtenu en 1949 pour son jeu dans La fosse aux serpents.

Le rôle de Melanie Wilkes a toujours rappelé de bons souvenirs à l’actrice. « C’est l’une des expériences les plus heureuses que j’aie jamais vécues de ma vie. C’était faire quelque chose que je voulais faire, jouer un personnage que j’aimais. »

Mais Havilland a souvent été prise pour jouer le même type de personnage. Les producteurs l’ont limitée aux rôles de femmes douces et romantiques, même si elle cherchait à relever de plus grands défis.

Photo: Bertrand Guay Agence France-Presse Deux fois lauréate d’un Oscar, l’actrice britannique naturalisée américaine et française avait osé jadis défier le système hollywoodien des contrats.

Sa frustration l’avait même amenée à intenter des poursuites contre la Warner Bros. en 1943 lorsque le studio a tenté de la garder même si son contrat était expiré, sous prétexte qu’elle aurait refusé des rôles. Plusieurs actrices avaient tenté en vain d’y parvenir dans les années 1930, mais Havilland a obtenu gain de cause lorsque la Cour d’appel de Californie a statué qu’aucun studio ne pouvait prolonger un accord sans le consentement de l’artiste. La décision est encore officieusement appelée la « loi de Havilland ».

En 2008, Olivia de Havilland a obtenu la National Medal of Arts américaine. Deux ans plus tard, elle était décorée de la Légion d’honneur de la France.

Havilland a aussi connu des relations conflictuelles avec sa sœur, Joan Fontaine. En 2016, elle l’a décrite comme un « dragon ». « Pour ma part, je l’ai toujours aimée, même si nos relations se sont effacées, même si elles s’étaient rompues. La femme-dragon, comme je la surnommais, était une personne brillante aux talents multiples, mais elle souffrait d’astigmatisme quand elle percevait les gens et les événements. Elle réagissait souvent de manière injuste et même injurieuse. »