Même la magie du cinéma a ses limites

Pour Alexis Poulin-Herry et les signataires de la lettre à la ministre Natalie Roy,  les règles imposées au milieu par la Santé publique ne permettent tout simplement pas de faire du cinéma.
Getty Images / iStockphoto Pour Alexis Poulin-Herry et les signataires de la lettre à la ministre Natalie Roy, les règles imposées au milieu par la Santé publique ne permettent tout simplement pas de faire du cinéma.

Après les gens de théâtre, c’est au tour du milieu du cinéma de se mobiliser pour protester contre les contraintes sanitaires imposées par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail. Dans une lettre envoyée aux médias et signée par plus de 360 membres du milieu, Alexis Poulin-Herry, premier assistant-réalisateur, démontre à la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, que les règles imposées au milieu par la Santé publique ne permettent tout simplement pas de faire du cinéma.

« Certains compromis peuvent être faits, écrit-il, mais même la magie du cinéma a ses limites ». Pour justifier sa demande d’assouplissement, Alexis Poulin-Herry évoque les entraînements sportifs qui vont bientôt permettre quelques contacts. Au cinéma, comme à la télévision, poursuit-il, certains trucages sont possibles. Mais il demeure un faible pourcentage de scènes où les comédiens doivent s’approcher au-delà des deux mètres, sans masque ni visière.

Étant donné que toutes ces scènes sont filmées, aucune façon de tricher, soulève Alexis Poulin-Herry. Or, il n’est pas possible de tourner des œuvres cinématographiques ou télévisuelles en respectant les consignes sanitaires, sans en dénaturer l’histoire ou le scénario. Déjà, pour Poulin-Herry en entrevue, les diffuseurs font pression sur les producteurs et demandent si les séries seront bien livrées dans la forme promise. On parle d’ailleurs ici de tournages qui auraient lieu à l’automne, puisque le printemps est perdu et que l’été ne promet rien.

La lettre d’Alexis Poulin-Herry s’adresse à la ministre Roy, mais au bureau de celle-ci, on le renvoie plutôt au comité sectoriel, où le milieu du cinéma rencontre les responsables de la Santé publique. « En ce moment, on vit un aveuglement volontaire », dit Alexis Poulin-Herry, qui fait allusion aux « cafouillages des derniers jours concernant la variabilité des mesures de distanciation sociale ».

Alors que le gouvernement prétend donner « le feu vert » au tournage des dramatiques, ces tournages ne peuvent pas se faire dans la réalité.

L’une des options envisagées par le milieu est la mise en quarantaine dans un même lieu des comédiens engagés dans des scènes nécessitant des rapprochements, mais cette approche ne fait pas l’unanimité. « Sur les plateaux québécois, on n’a pas les moyens d’envoyer tout le monde à l’hôtel », poursuit-il.

Et si les caméras peuvent faire bien des prouesses, certaines scènes, comme celles où un parent prend son enfant dans ses bras par exemple, ne peuvent tout simplement pas être truquées.

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