1949-2020: décès de la cinéaste belge Marion Hänsel

La cinéaste et productrice Marion Hänsel lors d’un passage à Montréal en 2013
Annik MH de Carufel Archives Le Devoir La cinéaste et productrice Marion Hänsel lors d’un passage à Montréal en 2013

La cinéaste et productrice belge Marion Hänsel, qui avait fait jouer Jane Birkin dans Dust et reçu pour ce film le Lion d’argent à la Mostra de Venise en 1985, est décédée lundi à l’âge de 71 ans, ont rapporté mardi les médias belges. Cette adaptation du roman de l’auteur sud-africain J.M. Coetzee, Prix Nobel de littérature, avait fortement contribué à la notoriété de la créatrice, décrite comme une cinéaste de l’intime.

Deux ans plus tard, elle avait porté à l’écran Les Noces barbares, du Français Yann Queffélec, récit sur l’enfance mal aimée qui fut couronné du prix Goncourt (1985). Née en février 1949 à Marseille, au sud de la France, d’un père anversois, formée en partie à l’Actor’s Studio à New York, aux États-Unis, la réalisatrice, de son vrai nom Marion Ackermans, a beaucoup été influencée par l’eau, la mer, les éléments.

« Elle proposait des voyages intérieurs en extérieur », rappelait mardi le quotidien belge Le Soir.

«Sans conflit ni violence»

De passage à Montréal, en 2014, pour la promo de son film La tendresse, la cinéaste confiait au Devoir son attachement à une démarche intime qui tranchait parfois avec la violence du monde. « J’ai voulu faire un film sans dramatisation, sans conflit, ni violence, avec seulement des gens qui se font du bien. Or, ce n’est pas la coutume aujourd’hui. L’humanité est devenue dure. Jamais, on n’entend une bonne nouvelle. Je me rends compte à quel point les gens sont déstabilisés par tous ces débordements, toutes ces catastrophes. Alors oui, j’éprouvais cette envie d’aller à contre-courant. »

Une posture qui n’a pas toujours simplifié ses recherches de financement, les organismes subventionnaires préférant souvent les films plus dramatiques, remarquait-elle lors de ce même entretien. « La spectatrice en moi désirait sortir heureuse du cinéma et la cinéaste, montrer des gens épanouis, loin des conflits intergénérationnels et des vieilles rancœurs post-conjugales. »

Marion Hänsel avait commencé sa carrière comme comédienne en décrochant quelques petits rôles, notamment avec Agnès Varda dans L’une chante, l’autre pas (1977), écrivait de son côté La libre Belgique.

À l’origine d’une quinzaine de longs métrages, Marion Hänsel avait encore signé l’an dernier une sorte d’autoportrait intitulé Il était un petit navire, entremêlant avec poésie images d’archives et anecdotes personnelles.

« Noir océan, En amont du fleuve, Il était un petit navire : la cinéaste belge Marion Hänsel était une fille de l’eau. Elle pouvait traverser l’océan sur un cargo et en faire un scénar. Elle laisse une trace dans le cinéma européen — Sur la terre comme au ciel — où elle vient d’arriver », a tweeté Gilles Jacob, ancien président du Festival de Cannes. Noir océan, En amont du fleuve et Sur la terre comme au ciel sont trois autres films de la réalisatrice, datant respectivement de 2010, 2016 et 1992.

Avec Le Devoir

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