Le festival de cinéma We Are One dévoile sa programmation

Tabea Blumenschein dans le film culte de 1979 «Ticket of No Return»
Photo: Basis Film Tabea Blumenschein dans le film culte de 1979 «Ticket of No Return»

Ça y est, le festival numérique mondial du film We Are One a dévoilé sa très attendue programmation. Pour mémoire, au sein de cet événement gratuit hébergé par YouTube du 29 mai au 7 juin, s’unissent entre autres les voix des prestigieux festivals de Cannes, de Venise, de Berlin et de Toronto, ou encore d’Annecy. Sachant cela, on ne peut s’empêcher de ressentir une vague impression de pétard mouillé devant l’offre proposée.

En effet, on retrouve très peu de premières parmi la sélection. Heureusement, il y a des entretiens et des leçons de cinéma, captés lors de manifestations antérieures.

C’est d’ailleurs là un constat paradoxal, en cela que l’un des facteurs principaux en faveur de l’expérience festivalière « en personne » réside justement dans le concept de rencontre.

Pour rappel, c’est à l’initiative du Festival de Tribeca, et dans la foulée des annulations en série liées à la pandémie, que s’est mis en branle We Are One. À terme, vingt festivals de plus ont accepté l’invitation. Chacun avait le champ libre quant aux titres, la consigne consistant à fournir environ cinq heures de matériel. Cannes, qui est de ceux qui se sont le plus longtemps fait attendre, a ainsi choisi de rendre disponibles les trois volets de son programme compétitif de courts métrages de 2019. Il va sans dire qu’il y a là maintes trouvailles à faire.

La Mostra de Venise y va de son côté d’un mélange de courts, de longs, en documentaire (la symphonie impressionniste sur la surconsommation Beautiful Things, 2017) et en fiction (l’initiatique Mary Is Happy, Mary Is Happy, 2013), là encore en puisant dans son catalogue passé. Idem pour la Berlinale (à voir : le culte du nouveau cinéma allemand Ticket of No Return, 1979).

Les entretiens

Pour sa part, Sundance a décidé d’articuler sa contribution autour d’œuvres mettant en valeur tant les drames que le riche héritage de différentes communautés issues des Premières Nations. Dans un autre registre, mais toujours par l’entremise de Sundance, le « Cinema Cafe », en compagnie de la cinéaste Jane Campion et de l’actrice Tessa Thompson, s’impose comme un incontournable.

On ne voudra pas non plus manquer la discussion entre Francis Ford Coppola (The Godfather, Apocalypse Now) et Steven Soderbergh (The Limey, Traffic) immortalisée en 2019 à Tribeca, ni la conversation avec Guillermo del Toro (Le labyrinthe de Pan, The Shape of Water) filmée au Festival de Marrakech en 2018. L’hommage rendu par Bong Joon-ho (Memories of Murder, Parasite) à Locarno en 2019 à son acteur fétiche Song Kang-ho, un des interprètes emblématiques de la nouvelle vague sud-coréenne, devrait également valoir le détour. Sans parler de ce tête à tête avec John Waters (Pink Flamingos, Serial Mom) filmé à Locarno en 2019.

Deux premières se dégagent du lot : le long métrage documentaire Rick Powell : The Individualist, consacré au photographe new-yorkais, et le court métrage documentaire Motorcycle Drive By, sur le groupe Third Eye Blind.

Fait à signaler, sept des courts métrages retenus sont des productions de l’Office national du film : Minotaur de Munro Ferguson, Shannon Amen de Chris Dainty, Le cortège de Pascal Blanchet et Rodolphe Saint-Gelais, ainsi que L’hiver de Léon, Le printemps de Mélie, L’été de Boniface et L’automne de Pougne, tous coréalisés par Pierre-Luc Granjon.

On le rappelle, l’accès à l’ensemble de la programmation est gratuit.

We Are One se tient du 29 mai au 7 juin à youtube.com