Pluie de nominations pour «Il pleuvait des oiseaux» au Gala Québec cinéma

Récit d’un amour de la dernière chance sur fond sylvestre, «Il pleuvait des oiseaux» s’illustre dans toutes les catégories de pointe.
Photo: MK2 Mile-End Récit d’un amour de la dernière chance sur fond sylvestre, «Il pleuvait des oiseaux» s’illustre dans toutes les catégories de pointe.

L’organisation du Gala Québec cinéma a dévoilé jeudi après-midi la liste des nominations pour les Prix Iris 2019. Un cru faste, faut-il le rappeler. C’est sans surprise qu’on constate la domination du film Il pleuvait des oiseaux, de Louise Archambault, poignante adaptation du roman de Jocelyne Saucier, avec pas moins de treize nominations. La femme de mon frère, de Monia Chokri, et Mafia inc., de Podz, suivent de près avec onze et dix nominations respectivement.

Récit d’un amour de la dernière chance sur fond sylvestre, Il pleuvait des oiseaux s’illustre dans toutes les catégories de pointe — meilleur film, scénario, interprétation tous azimuts, photo — mais pas en réalisation, où Louise Archambault brille inexplicablement par son absence (elle qui a aussi réalisé Merci pour tout cette année, qui tentera comme Il pleuvait des oiseaux de ravir le Prix du public). Quoi qu’il en soit, il serait non seulement heureux, mais mérité que la regrettée Andrée Lachapelle l’emporte à titre posthume pour sa performance vibrante.

Cas de figure similaire avec Jeune Juliette (six nominations), d’Anne Émond, où le parcours drôlement résilient d’une adolescente prise d’embonpoint, qui concourt pour l’Iris du meilleur film et du meilleur scénario, mais pas de la meilleure réalisation.

Autre incongruité : La femme de mon frère, de Monia Chokri, sur les déboires humoristiques d’une jeune femme qui se cherche, se signale dans la catégorie du meilleur film, mais pas du meilleur scénario. Avec sa pléthore de nominations additionnelles, dont meilleure réalisation et interprétations féminine et masculine dans des premiers rôles, entre autres, il y a toutefois de quoi se consoler.

Question de se gratter la tête davantage, on peut se demander pourquoi, après avoir mis Mafia inc. en lice comme meilleur film (à raison), on n’a pas jugé le scénario et la réalisation dignes de mention.

Du beau et du bon

En revanche, les films de deux réalisatrices se distinguent simultanément dans les catégories meilleur film, réalisation et scénario. Il s’agit du brillant Antigone (huit nominations), de Sophie Deraspe, une relecture moderne de la tragédie de Sophocle, et du magnifique Kuessipan (sept nominations), de Myriam Verreault, où le parcours d’embûches et de lumière d’une jeune Innue, librement adapté, avec l’autrice Naomi Fontaine, de son recueil.

Il ne faudrait toutefois pas oublier Le vingtième siècle (neuf nominations), biographie fantasmagorique de Mackenzie King signée Matthew Rankin, et Sympathie pour le Diable (six nominations), de Guillaume de Fontenay, biographie bien réelle du reporter de guerre Paul Marchand, tous deux nommés dans les catégories meilleure réalisation, meilleur scénario et meilleur premier film. Mad Dog Labine, de Jonathan Beaulieu-Cyr et Renaud Lessard, complète cette dernière catégorie.

Fait à noter : l’acteur et réalisateur Robin Aubert est nommé comme meilleur acteur (Jeune Juliette) et comme meilleur acteur de soutien (Merci pour tout).

Cité plusieurs fois, le superbe Matthias et Maxime (six nominations), de Xavier Dolan, a été écarté des catégories meilleurs film, réalisation et scénario. Dans la course, notamment, le montage de Dolan, l’interprétation merveilleuse de Micheline Bernard comme meilleure actrice de soutien, et la direction photo remarquable d’André Turpin.

D’ailleurs, les films présents dans cette catégorie prouvent encore combien le Québec est riche au rayon des artistes de la lumière. Yves Bélanger (14 jours 12 nuits), Nicolas Canniccioni (Kuessipan), Josée Deshaies (La femme de mon frère), et Mathieu Laverdière (Il pleuvait des oiseaux) : choix déchirant en perspective.

De la même manière, on ne voudrait pas être la personne chargée de trancher pour la Révélation de l’année. Catherine Chabot (Menteur), Sharon Fontaine-Ishpatao (Kuessipan), Alexane Jamieson (Jeune Juliette), Nahéma Ricci (Antigone), et Lilou Roy-Lanouette (Jouliks) : on voudrait toutes les récompenser.

À ce chapitre, on ne manquera pas de remarquer combien le palmarès du Gala Québec cinéma de cette année fait plus de place que de coutume aux femmes, à commencer par les réalisatrices. C’est une excellente nouvelle. Tout comme celle d’honorer, tiens, la cinéaste Alanis Obomsawin de l’Iris hommage.

Liste complète des nominations à gala.quebeccinema.ca