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«Roubaix, une lumière»<i> </i>d’Arnaud Desplechin, avec Léa Seydoux, Roschdy Zem, Sara Forestier et Antoine Reinartz.
Photo: Axia Films «Roubaix, une lumière» d’Arnaud Desplechin, avec Léa Seydoux, Roschdy Zem, Sara Forestier et Antoine Reinartz.

L’heure est au cocooning, et le cinéma à la maison constitue autant un divertissement bienvenu qu’un rempart contre l’anxiété. Après avoir vu sa popularité croître considérablement ces dernières années, ce mode de visionnement de films est devenu une nécessité. Conscients de cela, de nombreux distributeurs ajustent leur offre en rendant disponibles sur diverses plateformes virtuelles telles Vimeo, Illico, Bell, Cogeco, iTunes, Telus et consorts, davantage d’œuvres. Cela inclut des nouveautés inédites en salle.

À titre d’exemple, Axia Films sort dès ce vendredi trois nouveautés dont L’adieu à la nuit, le dernier film d’André Téchiné qui le réunit avec sa complice fréquente Catherine Deneuve (Le lieu du crime, Ma saison préférée). L’actrice incarne une femme qui découvre que le départ pour le Canada dont lui a parlé son petit-fils, qui est en visite chez elle, cache des desseins funestes.

Autre production jamais sortie dans les cinémas québécois : Convoi exceptionnel, où Bertrand Blier renoue avec Gérard Depardieu (Les valseuses, Préparez vos mouchoirs). L’acteur y donne la réplique à Christian Clavier dans une réalité parallèle où la vie de tout un chacun se résume à des synopsis de scénarios.

À l’affiche quelques jours à peine, Roubaix, une lumière, d’Arnaud Desplechin, est aussi au nombre des ajouts. Autant polar que drame social, ce film magistral conte l’enquête d’un détective bon et consciencieux après le meurtre crapuleux d’une vieille dame dans un quartier défavorisé.

Chez K-Films Amérique, on fait paraître Mont Foster, premier long métrage de Louis Godbout. Mettant en vedette Laurence Leboeuf et Patrick Hivon, ce récit d’un couple plongé en pleine inquiétante étrangeté lors d’un séjour à la campagne, a impressionné la critique.

MK2 Mile End emboîte le pas et rendra disponible en visionnement à la demande dès vendredi des titres tels Parasite, de Bong Joon-ho, et Il pleuvait des oiseaux, de Louise Archambault, sur sa chaîne vimeo. À noter que Portrait de la jeune filleen feu, de Céline Sciamma, devrait être disponible dans une quinzaine de jours, mais sur iTunes.

S’il est des frais de location, comme de coutume, pour louer ces films, du côté des Films du 3 mars, on met carrément l’ensemble du catalogue en consultation gratuite jusqu’au 31 mars.

Les Films Séville y vont quant à eux de leurs suggestions d’ores et déjà disponibles sur plusieurs des plateformes mentionnées d’emblée : Menteur, Sympathie pour le diable, 1991, La femme de mon frère, pour n’en nommer que quelques-uns. Idem avec la boîte Maison 4:3, qui propose dès maintenant le délicieusement délirant Le vingtième siècle, de Matthew Rankin, le merveilleux Jeune Juliette, d’Anne Émond, ou encore le puissant Antigone, de Sophie Deraspe, sur son site.

Sans oublier la plateforme Tënk, consacrée au documentaire, qui a désormais une version québécoise dont on vous parlera plus en détails samedi.

Nouvelles d’Hollywood

À noter que dans les grands studios américains, dont les activités ont toutes été stoppées, on développe rapidement des stratégies visant à tirer le meilleur parti des possibilités d’Internet. Ainsi le Wall Street Journal a-t-il révélé que Universal Pictures mettra ses récentes sorties de même que ses primeurs en ligne dès vendredi sur différentes plateformes (iTunes, Amazon, etc). Lesquelles incluent notamment The Invisible Man, The Hunt, ou encore l’animation Trolls World Tour. Disney, qui vient d’annoncer maints reports indéterminés dont celui du très attendu film Marvel Black Widow, augmente son flux de films sur sa plateforme DisneyPlusFrozen II est arrivé avec trois mois d’avance, à l’instar du plus récent Star Wars. Warner Bros n’est pas en reste, son Birds of Pray étant offert sur Amazon et iTunes. Hormis Netflix, les cinéphiles peuvent aussi toujours compter sur la sélection haut de gamme du Criterion Chanel. Tout cela est payant, mais il y a néanmoins beaucoup de films gratuits répertoriés sur la mine d’or qu’est Open Culture.

Sur ce, bon cinéma, malgré le confinement.