Artistes et artisans réclament l’arrêt des tournages

District 31, avec Gildor Roy. Les artisans de la série ont refusé de poursuivre le travail en raison des risques liés à la pandémie de coronavirus.
Photo: Radio-Canada District 31, avec Gildor Roy. Les artisans de la série ont refusé de poursuivre le travail en raison des risques liés à la pandémie de coronavirus.

Neuf associations représentant des dizaines de milliers d’artistes et d’artisans du milieu de la télévision, du cinéma, des nouveaux médias et de la publicité ont uni leurs forces mardi pour demander au premier ministre du Québec, François Legault, d’« intervenir directement auprès des producteurs et des diffuseurs afin de faire cesser dès maintenant les différents tournages jugés non essentiels par le gouvernement. » Et ce, jusqu’à nouvel ordre.

Dans une lettre envoyée en fin de journée au premier ministre, l’Alliance québécoise des techniciens et techniciennes de l’image et du son (AQTIS), la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (SARTEC), l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ) et l’Alliance internationale des employés de scène, de théâtre et de cinéma des États-Unis, de ses territoires et du Canada (AIEST 514), entre autres, ont prié le gouvernement de décréter formellement un arrêt des tournages jugés non essentiels.

« Il y a beaucoup d’inquiétude dans le milieu cinématographique, télévisuel et publicitaire en raison de la pandémie et de la proximité des gens sur un plateau de tournage », a confié le directeur général de l’AQTIS, Gilles Charland, en entrevue au Devoir. Il a également précisé qu’une cinquantaine de tournages sont en cours actuellement. Et que l’Alliance les examine pour l’instant « au cas par cas ». « C’est extrêmement difficile de respecter la consigne de se tenir à un mètre de distance sur un plateau, a-t-il ajouté. On tourne souvent en huis clos, les lieux se modifient quotidiennement. » Sans oublier la présence de multiples figurants, dont certains arrivent de l’étranger.

Dans un communiqué envoyé plus tôt dans la journée à ses membres, Sophie Prégent, la présidente de l’Union des artistes (UDA), avisait en effet que le plateau de District 31 avait été interrompu. Les techniciens de l’AQTIS travaillant sur la populaire série produite par Aetios et diffusée sur les ondes de Radio-Canada « ont refusé de poursuivre le travail », en raison des risques liés à la pandémie de coronavirus. La même situation se serait produite sur le plateau du long métrage Brain Freeze, du réalisateur Julien Knafo.

Les techniciens ont ainsi exercé leur droit de refus, suivant l’article 12 de la Loi sur la santé et la sécurité au travail. Ce dernier stipule qu’« un travailleur a le droit de refuser d’exécuter un travail s’il a des motifs raisonnables de croire que l’exécution de ce travail l’expose à un danger pour sa santé, sa sécurité ou son intégrité physique ou peut avoir l’effet d’exposer une autre personne à un semblable danger ».

En envoyant leur lettre, les associations espèrent une consigne claire, qui poussera tout le monde à respecter les mêmes règles. Et ce, pour le bien-être de tous. « Le premier ministre fait un point de presse quotidien, a rappelé Gilles Charland. Nous souhaitons donc une réponse rapide. »