Rojo

À quoi reconnaît-on l’aube d’une dictature militaire ? Le cinéaste argentin Benjamin Naishtat en donne un bon exemple dans son troisième long métrage, mystérieux, labyrinthique, comme s’il s’était inspiré d’un illustre compatriote, l’écrivain Jorge Luis Borges. Après une violente et tragique altercation dans un restaurant avec un inconnu agressif, Claudio (Dario Grandinetti), un avocat de province, voit sa vie peu à peu transformée. Des changements progressifs que l’on remarque aussi dans cette société où tout à coup des gens disparaissent et d’autres se comportent de manière étrange. En 1975, un an avant la prise de pouvoir du gouvernement de l’Argentine par l’armée, un climat d’inquiétude a traversé le pays, de même que ce film, à mi-chemin entre le thriller psychologique et le drame bourgeois, distillant un parfum d’étrangeté grâce à une esthétique dépouillée, austère, digne du cinéma politique de cette époque.

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Horaire en salles

Rojo

★★★ 1/2

Drame de Benjamin Naishtat. Avec Dario Grandinetti, Andrea Frigerio, Alfredo Castro, Diego Cremonesi. Argentine–Brésil–Allemagne–Belgique–Pays-Bas–France, 2018, 109 min.