Ma folle semaine avec le FIFEM

Une scène du film «Ma folle semaine avec Tess», du Néerlandais Steven Wouterlood
Photo: FIFEM Une scène du film «Ma folle semaine avec Tess», du Néerlandais Steven Wouterlood

C’est le temps de la relâche, c’est le temps des vacances. Et sur l’île, plus précisément au cinéma Beaubien, c’est le temps du Festival international du film pour enfants de Montréal. Les cinéphiles en herbe y trouvent là l’occasion, depuis plus de 20 ans, de s’en mettre plein les yeux.

La semaine du Festival international du film pour enfants de Montréal (FIFEM) a souvent été associée à des films qui naviguent hors de la sphère Hollywood. Ici, pas de superhéros (quoique…), pas de guerres intergalactiques (mais qui sait ?).

Ce qui est sûr, c’est que les jeunes publics ont un choix beaucoup plus diversifié que ce que le marché leur offre l’été ou en période de Noël.

En congé de classes, qu’est-ce qu’on fait ? On prend le large, on s’évade, on s’invente des défis. Sam a 11 ans et s’est mis en tête de faire des vacances familiales sur une île paradisiaque une raison de s’entraîner à la solitude. Il faut être prêt, croit-il, à la possibilité que l’on soit le dernier survivant des nôtres. Ma folle semaine avec Tess raconte comment le garçon… échoue.

À 14 ans, Thomas se lance dans une tout autre aventure. Son malheur de devoir passer une partie de l’été chez son père aux idées folles — il n’a même pas de connexion Internet ! — fait place à un grand bonheur : celui de voler avec des oies sur près de 3000 kilomètres, du nord de la Norvège au sud de la France. Donne-moi des ailes raconte comme l’adolescent… réussit.

Les deux titres figurent, avec raison, au menu du FIFEM. Il y a une grande part d’inconnu, de saut dans le vide, lorsque vient le temps de choisir parmi 23 longs métrages dont on ne sait pas grand-chose, si ce n’est la catégorie d’âge à laquelle ils s’adressent.

Sachez que Ma folle semaine avec Tess, film du réalisateur néerlandais Steven Wouterlood, et Donne-moi des ailes, du Français Nicolas Vanier, sont classés « 7 ans et + ».

Prenez aussi en compte que ces deux récits vacanciers se déroulent en bonne partie dans des régions nordiques. Pas de neige à l’horizon, par contre ; c’est l’été.

 
Photo: FIFEM Une image tirée du film «Donne-moi des ailes», du Français Nicolas Vanier

Ma folle semaine avec Tess

La ligne directrice de Ma folle semaine avec Tess n’a en apparence que peu d’originalité : dans cette île de villégiature prise d’assaut par les Néerlandais, Sam se lie d’amitié avec une fille de son âge — la Tess du titre. La première romance pointe à l’horizon.

Or, la route qui mène à cela, à l’histoire d’amour, est semée d’embûches et de rebondissements.

Déjà, la quête du personnage principal et narrateur, l’entraînement à la solitude qu’il comptait poursuivre, laisse place à une autre quête, celle de Tess. Histoire de ne rien révéler ici, disons seulement que c’est elle le moteur narratif, c’est elle qui mène.

Son propre défi devient la vraie trame dramatique. Personnage joliment ambivalent, parfois extraverti, parfois si secret, Tess se dévoile peu à peu.

La solitude et l’ennui craints par Sam sont des réalités qu’il s’agit de dompter. La semaine sur l’île lui sert quelque part de leçon. Le réalisateur se montre cependant assez habile pour ne pas tomber dans la morale.

Certes, c’est une histoire qui finit bien. Mais les personnages secondaires, les adultes, ne sont pas les monstres autoritaires de service. Tout est raconté à hauteur d’enfant, pourtant. Ce sont bien Sam et Tess qui ont l’initiative et les solutions, sans égard presque pour les conseils des autres.

Donne-moi des ailes

L’histoire que met en scène Nicolas Vanier (Belle et Sébastien) est tirée d’un fait vécu. Il ne manque pourtant au récit ni folie ni allure de mythe. Donne-moi des ailes s’inspire autant de l’insouciance d’Icare que de l’esprit protecteur de Nils Holgersson, célèbre personnage de la littérature suédoise auquel s’identifie, à un moment, le jeune Thomas.

Le film s’inspire de la démarche de Christian Moullec, pionnier du vol en deltaplane en compagnie d’oiseaux. La quête de la fiction est celle que l’homme a menée dès 1995 : réintroduire l’oie naine de Suède dans la nature, en lui indiquant le chemin à suivre dans sa migration annuelle.

Christian (Jean-Paul Rouve), biologiste un peu farfelu, accepte de prendre en garde son ado le temps de quelques jours. Celui-ci devient son disciple, apprend à voler en planeur ultraléger motorisé (ULM), et s’attache aux oisillons qu’élève son père. Le maître sera dépassé : c’est l’apprenti, l’audacieux ultime, celui qui guidera les oies nées en captivité malgré les interdits des autorités norvégiennes.

Il y a beaucoup aussi dans Donne-moi des ailes du Peuple migrateur, le mémorable documentaire animalier. Les images à vol d’oiseau sont spectaculaires, les oies sont magnifiques et le voyage prend des airs d’expédition, une expédition forte en émotions.

L’intrigue, digne d’un film policier, fait de Thomas un fugitif. Mais le personnage possède quelque chose de la conviction d’une Greta Thunberg. Il faut agir pour sauver la vie sur Terre.

Il faut se lancer, quitte à contrarier les bien-pensants. Clairement, le personnage plaira à nos jeunes idéalistes, qu’ils soient aventuriers en plein air ou… en salles de cinéma.

Les deux films prennent aussi l’affiche en dehors de la programmation du festival.

Festival international du film pour enfants de Montréal

Au cinéma Beaubien, du 29 février au 8 mars