«Le lion»: permis d’ennuyer

Dany Boon et Philippe Katerine ne partagent aucune chimie à l’écran. Ils en font des tonnes, mais jouent chacun pour soi.
TVA Films Dany Boon et Philippe Katerine ne partagent aucune chimie à l’écran. Ils en font des tonnes, mais jouent chacun pour soi.

Romain est psychiatre dans un hôpital psychiatrique parisien. Léo, son nouveau patient, prétend être un agent secret pour une agence tout aussi secrète — le fait que Léo balance toutes ces informations à la première occasion ne constitue que l’une des très nombreuses incohérences qui plombent Le Lion. Réalisée par Ludovic Colbeau-Justin, cette comédie à gros budget a été un flop en France. À raison ?

Et comment ! Mal ficelé et d’une stupéfiante inefficacité, Le Lion cumule les situations bancales à peine rattachées les unes aux autres. Du grand n’importe quoi.

L’histoire se met en branle lorsque Louise, la fiancée de Romain, est enlevée. Événement que Léo avait prédit depuis sa chambre capitonnée. Désespéré de retrouver Louise et ridiculisé par la police (parce que bon), le psy enrôle son patient pour l’aider. Voici donc l’espion patenté, « peut-être fou mais peut-être pas », et le bon docteur lancés aux trousses des mystérieux kidnappeurs. S’ensuit ce qui se veut une comédie d’aventure avec duo dépareillé à la Francis Veber.

Hélas, Le Lion a beau reluquer du côté des succès de la période dorée de Veber, comme La chèvre, Les compères et Les fugitifs, jamais le film ne parvient à en convoquer l’énergie, la verve ou l’esprit. Plus problématique, et contrairement à Gérard Depardieu et à Pierre Richard dans ces films-là, Dany Boon et Philippe Katerine ne partagent aucune chimie à l’écran. Ils en font des tonnes, mais jouent chacun pour soi.

Il y avait pourtant un potentiel de rencontre explosive, tant les deux vedettes sont issues d’horizons cinématographiques différents. Qui plus est, l’humour que génère (ou non) ce type de comédie repose beaucoup sur le principe de l’opposition et du contraste.

Toutefois, c’est lorsque Le Lion tente de parodier l’univers de James Bond et ses ersatz que la platitude est à son comble. Pour mémoire, les coauteurs Alexandre Coquelle et Matthieu Le Naour, alias « Matt Alexander », ont réalisé en 2004 le scénario du bien nommé nanar Double zéro. Permis de tuer ? Permis d’ennuyer, plutôt.

Elle est furieuse, l’envie de revoir Espionne (Spy), avec Melissa McCarthy, voire Vrais mensonges (True Lies), avec Arnold Schwarzenegger et Jamie Lee Curtis…

Triste pastiche

Si au moins les répliques faisaient ne serait-ce que sourire… Même pas. Il est des moments où on aurait presque envie de consoler Boon et Katerine tellement les dialogues avec lesquels ils doivent travailler sont mauvais : chaque échange tombe plus à plat que le précédent. Pour un peu, on serait impressionné par une telle constance.

La réalisation est à l’avenant, c’est-à-dire dénuée d’unité, de souffle…

Nombreuses, mais, comme on l’évoquait, mal assemblées, les séquences d’action sont platement filmées et montées ; aucune vigueur. Non, vraiment, il n’y a rien pour racheter ce triste pastiche qu’est Le Lion. Au final, et quitte à satiriser 007 avec autant de puérilité, un titre plus approprié aurait été « L’espion qui m’emmerdait ».

Le Lion

Ce film ne mérite aucune étoile. Comédie de Ludovic Colbeau-Justin. Avec Dany Boon, Philippe Katerine. France, 2020, 91 minutes.