Portrait de la jeune fille en feu

Photo: MK2 Mile End

Engagée pour faire le portrait d’Héloïse, Marianne doit feindre d’être une dame de compagnie puisque la jeune noble refuse de poser pour un tableau qui servira à la marier. Noémie Merlant et Adèle Haenel embrasent l’écran dans cette production à la fois profondément féministe et romantique, et qui s’attarde non pas à deux, mais à maints destins de femmes. Primée pour son scénario à Cannes, la cinéaste Céline Sciamma s’inspire de la tradition du roman gothique avec un mélange admirable de rigueur et de lyrisme, et ce, tant sur le plan narratif que sur le plan visuel, mais avec une sensibilité actuelle. Un silence amène un regard, un regard engendre une tension, cette tension révèle un désir… Dans son dépouillement concerté, c’est là une oeuvre d’une sidérante beauté, et c’est avec le coeur repu, mais chagrin, qu’on accueille le générique de fin. Puis, on se remémore ces paroles de Marianne à Héloïse : « Ne me regrettez pas : souvenez-vous. » La perfection faite film.

Horaire en salles

Notre critique complète

Portrait de la jeune fille en feu

★★★★★

Drame de Céline Sciamma. Avec Noémie Merlant, Adèle Haenel, Luàna Bajrami, Valeria Golino. France, 2019, 119 minutes.