Les nominations aux BAFTA critiquées

Le réalisateur britannique Steve McQueen est connu pour être engagé contre le racisme.
Photo: Kevin Winter Getty Images AFP Le réalisateur britannique Steve McQueen est connu pour être engagé contre le racisme.

Le réalisateur britannique Steve McQueen s’est élevé lundi contre le manque de diversité au sein des BAFTA, les récompenses britanniques du cinéma, accusant l’institution de « négliger » les « talents noirs » et l’appelant à évoluer.

La British Academy of Film and Television Arts (BAFTA), qui remet ses prix le 2 février, est critiquée pour n’avoir nommé que des acteurs blancs et aucune femme dans la catégorie du meilleur réalisateur. Cela s’était déjà produit en 2015 et en 2016.

« Les talents britanniques noirs sont beaucoup trop négligés » au Royaume-Uni, a dénoncé Steve McQueen dans le quotidien The Guardian, estimant qu’il fallait trop souvent « aller aux États-Unis avant d’être reconnu dans son propre pays ». Si « les BAFTA ne soutiennent pas les talents britanniques, si vous ne soutenez pas les gens qui font avancer l’industrie [du cinéma], alors je ne comprends pas ce que vous faites là », a ajouté le réalisateur noir, dont le film 12 Years a Slave avait reçu en 2014 le BAFTA et l’Oscar du meilleur film.

Les Oscar en arrière-plan

La mise en garde de M. McQueen, connu pour être engagé contre le racisme, intervient alors que doivent être révélées lundi les nominations pour les Oscar, autre grande cérémonie de récompenses cinématographiques.

« Les BAFTA doivent changer. C’est un fait », a-t-il affirmé, « Si [les cinéastes] n’obtiennent pas la reconnaissance dans notre culture avec les BAFTA, alors à quoi bon ? Ils deviennent inutiles, redondants et sans intérêt ni importance. Point final. »

Pour l’artiste, aussi primé pour Hunger, de nombreux acteurs britanniques noirs auraient pu être nommés : Marianne Jean-Baptiste pour son rôle dans le film In Fabric, Daniel Kaluuya dans Queen & Slim ou encore Cynthia Erivo pour son interprétation de Harriet, dans le film du même nom retraçant l’histoire vraie d’une esclave devenue abolitionniste.

Face aux critiques, les BAFTA ont annoncé procéder à « un examen minutieux et détaillé » de leur système de vote, qui se base pour le moment sur l’avis de quelque 6500 membres, dont des professionnels de l’industrie cinématographique.