«Brotherhood» de la Montréalaise Meryam Joobeur, nommé aux Oscars

Meryam Joobeur, qui vit à Montréal depuis maintenant 11 ans, est en lice dans la catégorie du meilleur court métrage de fiction
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Meryam Joobeur, qui vit à Montréal depuis maintenant 11 ans, est en lice dans la catégorie du meilleur court métrage de fiction

La cinéaste tunisienne et américaine installée à Montréal Meryam Joobeur a obtenu une nomination aux Oscars pour son court métrage « Brotherhood ».

La jeune femme, qui vit à Montréal depuis maintenant 11 ans, est en lice dans la catégorie du meilleur court métrage de fiction pour son film portant sur un berger tunisien qui fait face à un dilemme lorsque son fils aîné revient de la Syrie en compagnie de sa mystérieuse femme.

Le film est une coproduction de la Tunisie, du Canada, du Qatar et de la Suède.

C’est entourée de son équipe et de sa famille, à Montréal, que Meryam Joobeur a appris la nouvelle de sa nomination, lundi matin. Une nomination, confie-t-elle, qui a été accueillie par des cris, des rires et de la joie.

La nouvelle a suscité d’autant plus de fierté chez la réalisatrice qu’il s’agit d’une première nomination aux Oscars pour la Tunisie.

« C’est très touchant », a-t-elle confié en entrevue avec La Presse canadienne.

« [Là-bas], ils sont très contents. Toute l’équipe là-bas, mes amis, ma famille, le pays aussi. C’est un moment historique pour nous, donc ils sont très contents et fiers. »

Le Québec peut toutefois s’approprier une partie de cette fierté.

« Le film, c’est une coproduction entre le Québec et la Tunisie. L’équipe, c’est un mélange. Moi, ça fait 11 ans que j’habite ici, donc le Québec, c’est mon chez-moi. C’est une fierté pour les deux pays », a-t-elle indiqué, ajoutant qu’elle n’aurait pu faire le film sans le soutien des membres québécois de l’équipe.

Avant « Brotherhood », Meryam Joobeur avait signé le court métrage documentaire « Gods, Weeds and Revolutions » en 2012 et le court métrage de fiction « Born in the Maelstrom » en 2017. Elle espère maintenant que son prochain projet sera un long métrage.

D’autres nommés canadiens

Par ailleurs, l’ingénieur de son canadien Paul Massey est de son côté nommé dans la catégorie du meilleur mixage sonore pour son travail sur « Ford v Ferrari » (« Ford contre Ferrari »).

Il s’agit d’une neuvième nomination aux Oscars pour l’homme né en Angleterre, qui a travaillé à Toronto pendant 13 ans en début de carrière avant de s’installer à Los Angeles.

L’an dernier, il a remporté la statuette pour son travail sur « Bohemian Rhapsody ».

Le cinéaste Sami Khan, originaire de Sarnia, en Ontario, a quant à lui célébré en dansant dans son salon, à Toronto, avec sa femme et leur fille de deux ans.

Il est finaliste dans la catégorie du meilleur court métrage documentaire à titre de coréalisateur de « St. Louis Superman ». Le film raconte l’histoire d’un militant et rappeur noir élu dans la très blanche Chambre des représentants du Missouri.

L’animateur Dean DeBlois, originaire du secteur Aylmer à Gatineau, est en lice dans la catégorie du meilleur film d’animation pour le dernier volet de la trilogie « How to Train Your Dragon » (« Dragons : le monde caché »).

Dean DeBlois a écrit et réalisé le film, dont le personnage principal a la voix du Montréalais Jay Baruchel dans la version originale anglaise.

Autre nomination canadienne : celle de Dennis Gassner, originaire de Vancouver, cité pour les décors du film « 1917 ». Il partage la nomination — une septième pour lui — avec Lee Sandales. Dennis Gassner avait remporté la statuette en 1992 pour « Bugsy » (« Bugsy : le gangster sans scrupule »).