«Star Wars: L’ascension de Skywalker»: réussir l’impossible

Parmi un florilège de séquences saisissantes dans «L’ascension de Skywalker»: ce duel entre Rey et Kylo dans les vestiges de l’Étoile de la mort sur fond de mer fâchée
Photo: Walt Disney Pictures Canada Parmi un florilège de séquences saisissantes dans «L’ascension de Skywalker»: ce duel entre Rey et Kylo dans les vestiges de l’Étoile de la mort sur fond de mer fâchée

Dans une galaxie lointaine, très lointaine… Ah, et puis, on s’en fout : depuis le temps, on sait comment ça commence. Ce qu’on veut savoir, c’est comment ça finit. Car avec L’ascension de Skywalker, J.J. Abrams a pour mandat de clore l’immensément populaire saga créée par George Lucas en 1977. Un gros contrat, sachant que chaque amateur ou presque a une idée très arrêtée de ce qu’il convient ou non de faire. Or, trois trilogies et quelques chapitres assez moyens plus tard, Abrams réussit un petit miracle : boucler toutes les boucles narratives à satisfaction ET réparer les gaffes du précédent opus, Les derniers Jedi.

À la fin de ce dernier film, Kylo Ren s’était autoproclamé dirigeant suprême du sinistre Premier ordre tout en se jurant d’écraser la résistance menée par la générale et princesse Leia Organa, sa mère. De son titre complet Star Wars, épisode IX : L’ascension de Skywalker (Star Wars, Episode IX : The Rise of Skywalker), ce film-ci démarre avec Kylo Ren qui, après avoir reçu un message d’outre-tombe de l’empereur Palpatine, a retracé l’origine du signal. Pour mémoire, on croyait le vil empereur mort jadis aux mains de Darth Vader, alias Anakin Skywalker, le grand-père de Kylo Ren, alias Ben Solo.

Photo: Walt Disney Pictures Canada John Boyega (Finn) et Oscar Isaac (Poe) offrent chacun une prestation convaincante.

Alertée par un espion, Leia a, sur ces entrefaites, envoyé Finn et Poe investiguer tandis que Rey parachève sa formation de Jedi. D’ailleurs, la Force est plus présente que jamais chez la jeune femme dont le mystère des origines se révèle finalement moins clair que ce qu’avait laissé entendre le film précédent. Sans rien dévoiler, on dira simplement que sur le front de la généalogie, L’ascension de Skywalker fait honneur à la tradition établie dans la première trilogie (1977-1983).

Le film réserve également plusieurs apparitions-surprises réussies, qui, au-delà du facteur nostalgie, permettent au film d’inclure dans son giron l’entièreté de la saga. Déjà, le premier film de cette troisième trilogie, Le réveil de la Force, réalisé lui aussi par J.J. Abrams, avait fait un travail très honnête en dépit de certains irritants.

Parmi ceux-ci, le personnage de Kylo Ren ne constituait pas un méchant d’envergure suffisante, imparti qu’il était de la psychologie d’un enfant capricieux. Il n’y a plus trace de cela ici, et Adam Driver saisit l’occasion offerte de livrer une performance autrement plus mémorable que dans les deux productions antérieures. Quant à Daisy Ridley, elle continue d’incarner Rey avec une intensité conquérante. John Boyega (Finn) et Oscar Isaac (Poe) sont tout aussi investis.

Côté ton, le film insuffle aux grandes manoeuvres un mélange d’humour et de sentimentalité caractéristique des productions originales, c’est-à-dire à des lieues des palabres insupportables de la seconde trilogie d’antépisodes (1999-2005). C’est tant mieux.

Matière à réjouissance

L’action, justement, démarre dès les premières minutes et ne s’essouffle guère. La finale s’étire un brin, il est vrai, mais on sent un réel désir de dire adieu convenablement. Et puisqu’il s’agit du dénouement non pas de l’univers cinématographique de Star Wars en général, propriété désormais de Disney, mais de la saga Skywalker en particulier : oui, on peut s’attendre à des spin-offs avec certains des nouveaux personnages.

Sur le plan technique, les effets spéciaux sont spectaculaires. À l’instar des décors et des panoramas, ceux-ci souvent jonchés de carcasses de vaisseaux et de ruines, et évoquant volontiers la fin d’une ère. Parmi un florilège de séquences saisissantes : ce duel entre Rey et Kylo sur les vestiges de l’Étoile de la mort sur fond de mer fâchée.

Autre élément matière à réjouissance : après que Les derniers Jedi l’ait vue de triste mémoire voler dans l’espace pour ensuite rester alitée pendant le tiers du film, cet ultime chapitre donne à la regrettée Carrie Fisher, si marquante en princesse Leia, une sortie de scène empreinte du respect dû à son rang. Ce, tout en ménageant l’un des retournements les plus ingénieux — et émouvant — de L’ascension de Skywalker.

Bref, on espérait un bon film, alors qu’on se retrouve plutôt avec l’un des meilleurs de la série. Les amateurs peuvent oublier leurs a priori en toute tranquillité : c’est là une conclusion digne de ce nom.

La saga Skywalker, du meilleur au pire

L’Empire contre-attaque (Star Wars, Episode V : The Empire Strikes Back, 1980)

La guerre des étoiles ou Un nouvel espoir (Star Wars, Episode IV : A New Hope, 1977)

L’ascension de Skywalker (Star Wars, Episode IX : The Rise of Skywalker, 2019)

Le retour du Jedi (Star Wars, Episode VI : Return of the Jedi, 1983)

5 Le réveil de la Force (Star Wars, Episode VII : The Force Awakens, 2015)

6 La revanche des Sith (Star Wars, Episode III : Revenge of the Sith, 2005)

Les derniers Jedi (Star Wars, Episode VIII : The Last Jedi, 2017)

8 La menace fantôme (Star Wars, Episode I : The Phantom Menace, 1999)

9 L’attaque des clones (Star Wars, Episode II : Attack of the Clones, 2002)

Star Wars, épisode IX : L’ascension de Skywalker (Star Wars, Episode IX : The Rise of Skywalker)

★★★★

Science-fiction de J.J. Abrams. Avec Daisy Ridley, Adam Driver, John Boyega, Oscar Isaac, Carrie Fisher, Mark Hamill. États-Unis, 2019, 142 minutes.