Sympathie pour le diable

Il n’était pas une star, mais en avait l’étoffe, et parfois les mauvaises manières. Paul Marchand allait là où il ne fallait pas, correspondant de guerre rarement guidé par la neutralité. De son séjour à Sarajevo au début de l’éclatement sanguinaire de l’ex-Yougoslavie, il a tiré un récit transposé au cinéma grâce à la détermination du cinéaste Guillaume de Fontenay, aussi intrépide que son héros. Dans un style cru, épuré et frénétique, à l’image de ce héros observé tel un oiseau en cage, Sympathie pour le diable décrit un moment charnière dans la trajectoire de ce témoin direct d’une boucherie sans nom, n’hésitant pas à toucher les cadavres et à défier la mort. Rien ne filtre, ou si peu, de ses motivations profondes ou sur les racines de ce conflit : il s’agit d’abord et avant de l’illustration d’un chapitre sanglant de l’Histoire vu à travers le regard fiévreux d’un journaliste pas comme les autres, incarné par Niels Schneider, d’une dévotion et d’une humilité totales.

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Horaire en salles

Sympathie pour le diable

★★★★

Drame de guerre de Guillaume de Fontenay. Avec Niels Schneider, Vincent Rottiers, Ella Rumpf, Elisa Lasowski. France-Canada, 2019, 103 min.