«La reine des neiges II»: le cinquième élément

Elsa et Anna devront affronter 1001 dangers pour sauver le royaume d’Arendelle.
Photo: Walt Disney Pictures Canada Elsa et Anna devront affronter 1001 dangers pour sauver le royaume d’Arendelle.

Il y a moins de 10 ans, les studios Disney causèrent une petite révolution avec des personnages féminins qui prenaient leur destin en main plutôt que d’attendre passivement le prince charmant. De quoi réjouir les filles de toutes les générations.

Ainsi, la brave princesse Merida (Rebelle, 2012) a préféré son indépendance à tous ses prétendants. Dans La reine des neiges (2013), ce n’est pas le baiser d’un prince qui a sauvé la princesse Anna, mais bien celui de sa soeur aînée Elsa. Maléfique (2014) nous a refait le coup en reléguant le prince à l’arrière-plan afin que la vilaine fée sauve la belle au bois dormant.

Qu’en est-il alors de la suite de La reine des neiges, somptueux film d’animation de Chris Buck et Jennifer Lee, librement inspiré du conte d’Andersen ? Eh bien, deux ans après le mouvement #MoiAussi, il n’était certainement pas question de retourner aux rôles traditionnels trop longtemps véhiculés par les contes de fées. Au risque de transformer les personnages masculins en benêts de service : le valeureux Kristoff (voix de Jonathan Groff dans la version originale) a peu à faire ici, sinon répéter sa demande en mariage à Anna, avec la complicité du renne Sven ; et l’amusant bonhomme de neige Olaf (Josh Gad) n’a qu’à se démembrer pour distraire les petits.

Dans cette suite prévisible, mais aussi visuellement sublime que l’original, les soeurs royales portent littéralement le pantalon, discrètement dissimulé sous de gracieuses ou vaporeuses tuniques. Avouez que c’est bien plus pratique lorsque vient le temps d’escalader de périlleux sommets ou de chevaucher une monture de glace !

La mémoire de l’eau

Une fois de plus, Elsa (Idina Menzel et ses vertigineuses vocalises) et Anna (Kristen Bell, moins tonitruante que la précédente) devront affronter 1001 dangers afin de sauver le royaume d’Arendelle, menacé par le feu, l’eau, le vent et la terre. Eh oui, en plus de son essence résolument féministe, La reine des neiges II se drape d’une dimension environnementaliste. Il faut bien être de son temps.

Entendant une voix enchanteresse (la chanteuse norvégienne Aurora), la même qui a sauvé son père (Alfred Molina) lors de tragiques événements ayant mené à une guerre entre le peuple de la forêt, vivant en harmonie avec la nature, et celui d’Arendelle, Elsa entraîne Anna, Kristoff, Sven et Olaf vers la mystérieuse forêt dans l’espoir de découvrir l’origine de ses dons et ainsi rétablir la paix entre tous. Pour cela, elle devra retrouver le cinquième élément servant de pont entre les quatre éléments (bonjour Luc Besson !). Et si la réponse se trouvait dans la jolie berceuse à propos d’une rivière, All Is Found, que lui chantait sa mère (Evan Rachel Wood) ?

Hormis quelques tableaux musicaux longuets et peu inspirés (Lost in the Woods, repris par Weezer au générique de fin) et des airs de déjà-vu (une émouvante scène mettant en scène Olaf paraît piquée à Sens dessus dessous), La reine des neiges II séduit d’emblée par sa magnifique imagerie d’inspiration scandinave, ses moments de pure magie et la fluidité de son animation.

Et les chansons dans tout ça ? Peut-être pas aussi accrocheuses que Let it Go (Libérée, délivrée), dont on se moque gentiment dans un tableau d’une grande poésie, mais on retiendra tout de même Show Yourself, où Menzel semble avoir mis une sourdine, et Into the Unknown (aussi interprétée par Panic ! At the Disco), où cette dernière rivalise d’intensité avec Aurora. Parents, considérez-vous comme avertis.

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La reine des neiges II (V.F. Frozen II)

★★★ 1/2

Film d’animation de Chris Buck et Jennifer Lee. Avec les voix (dans la version originale) d’Idina Menzel, Kristen Bell, Jonathan Grof, Josh Gad, Evan Rachel Wood, Alfred Molina et Aurora. É.-U., 2019, 103 min.