The Irishman

Quinze ans en gestation, cette chronique mafieuse dont Scorsese a le secret revêt des allures de « magnum opus ». On y suit le parcours criminel de Frank Sheeran, de son entrée dans le clan Bufalino à sa relation de proximité avec Jimmy Hoffa. De Niro, Pesci et Pacino sont magnifiques en figures de proue. D’une fluidité remarquable, le film, contrairement par exemple à ses cousins directs Goodfellas et Casino, ne comporte pas de morceaux de bravoure comme tel : chaque séquence atteste du brio de Scorsese, dont la maestria est évidente de bout en bout, mais ce qui s’imprime durablement dans les mémoires relève plus du minimalisme que du flamboyant. Comme ces deux scènes, à des décennies d’écart, montrant Hoffa puis Sheeran qui dorment la porte entrouverte : hommes puissants le jour, les voici enfants apeurés la nuit venue. Ce sont de petits moments comme ceux-là, feutrés, qui rendent The Irishman si prenant. Une oeuvre non pas de la maturité, mais de la plénitude.

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The Irishman (V.O., s.-t.f.)

★★★★ 1/2

Chronique mafieuse de Martin Scorsese. Avec Robert De Niro, Joe Pesci, Al Pacino, Ray Romano, Anna Paquin. États-Unis, 2019, 151 minutes.