«Terminator. Sombre destin»: pour Sarah

Linda Hamilton et Arnold Schwarzenegger reprennent respectivement les rôles de Sarah Connor, celle-là même qui a réécrit le futur et sauvé l’humanité, et du T-800, le meurtrier du fils de la première.
Photo: Paramount Pictures Linda Hamilton et Arnold Schwarzenegger reprennent respectivement les rôles de Sarah Connor, celle-là même qui a réécrit le futur et sauvé l’humanité, et du T-800, le meurtrier du fils de la première.

Au dire de James Cameron, producteur de la lucrative franchise, ce sixième volet de Terminator serait la suite directe de Terminator 2. Le jugement dernier, le meilleur et le plus populaire de la série. Or, par endroits, on se croirait devant un remake à saveur féministe de T2 tant son récit s’y apparente.

Campé en 2022 au Mexique — n’en déplaise à Trump ! —, le film nous présente Dani (Nathalie Reyes), jeune ouvrière voyant d’un mauvais oeil l’intelligence artificielle remplacer graduellement la main-d’oeuvre, qui reçoit deux visiteurs du futur : un Terminator de type Rev-9 (Gabriel Luna), qui veut l’éliminer, et une super soldate génétiquement modifiée prénommée Grace (Mackenzie Davis), qui veut la protéger.

Au plus grand plaisir des fans de la première heure, Linda Hamilton et Arnold Schwarzenegger reprennent respectivement les rôles de Sarah Connor, celle-là même qui a réécrit le futur et sauvé l’humanité, et du T-800, le meurtrier du fils de la première. Vingt-huit ans plus tard, tous deux affichent une forme plus qu’enviable. Alors que Connor et le T-800, qui se fait appeler Carl et se terre au fond des bois avec sa femme et son beau-fils, s’échangent des regards assassins, on jubile de revoir les deux acteurs dans cet univers dystopique qui a fait d’eux des figures cultes.

Certes, les attentes sont plus qu’élevées pour les nostalgiques des deux premiers épisodes et il y a de fortes chances qu’ils ressortent de la projection conquis. Conquis, mais certainement pas renversés comme ils le furent devant Robert Patrick interprétant le T-1000 dans le volet de 1991, signé par James Cameron. Le Rev-9 qu’incarne avec un mélange de suavité et de puissance Gabriel Luna s’avère certes redoutable, mais la technologie et les effets spéciaux ayant fait des bonds prodigieux au cours des 20 dernières années, on se serait attendu à un résultat plus mémorable.

Ayant ébloui la galerie avec le spectaculaire Deadpool — rappelez-vous la plus qu’époustouflante scène d’ouverture —, Tim Miller paraît ici bien sage. Sans temps mort, bénéficiant d’effets spéciaux convaincants, sa réalisation enchaîne habilement scènes de poursuite, de fusillades et de combats musclés sans pour autant surpasser le T2 de Cameron. Tout au plus aura-t-il respecté l’esprit de la franchise et, surtout, mis en scène un trio féminin dur à cuire sans réduire les actrices à jouer les cocottes en tenue sexy. On est bien loin des anges de Charlie (Charlie’s Angels).

Si le T-800 alias Carl leur sert pour ainsi dire de chevalier servant, on ne saurait traiter Dani, Grace et Sarah de demoiselles en détresse. Bien que la première paraisse vulnérable, elle montre très tôt de l’aplomb et du courage à revendre, tandis que sa protectrice s’impose dès son apparition grâce à son stoïcisme et à sa haute stature.

Quant à la dernière, la plus badass du lot, chaque geste, chaque regard et chaque réplique de sa part seront une source de joie. Pour une fois qu’on a une héroïne d’âge mûr à l’écran — salutations à Micheline Lanctôt et à Marie-Ginette Guay dans Les affamés de Robin Aubert —, on ne boudera pas notre plaisir.

Malgré le peu de surprises que réserve Terminator. Sombre destin, on se surprend à souhaiter une suite en savourant le dernier plan. Cela dépendra toutefois de la productrice Gale Ann Hurd, qui détient la moitié des droits de la franchise avec son ex, James Cameron. Ce dernier n’aura qu’à bien se tenir…

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Terminator. Sombre destin (V.F. de Terminator : Dark Fate)

★★★

Science-fiction de Tim Miller. Avec Mackenzie Davis, Nathalie Reyes, Linda Hamilton, Gabriel Luna et Arnold Schwarzenegger. États-Unis, 2019, 128 minutes.