«Abominable»: l’adorable homme des neiges

La jeune Yi et ses amis se prennent d’affection pour le yéti et entreprennent une longue épopée à travers le pays pour le ramener vers un haut sommet.
Photo: Universal Pictures La jeune Yi et ses amis se prennent d’affection pour le yéti et entreprennent une longue épopée à travers le pays pour le ramener vers un haut sommet.

Après le succès stupéfiant de la trilogie des How to Train Your Dragons, les studios Dreamworks espèrent de nouveau conquérir le coeur des petits avec une nouvelle créature tirée des confins des légendes : le yéti, cet abominable (et ici très attachant) homme des neiges qui teinte l’imaginaire des Népalais et des Tibétains depuis plus d’un siècle.

Avec sa formule mille fois revisitée, ses adorables créatures destinées à se vendre comme des petits pains chauds et sa brillante utilisation de la musique, Abominable ne réinvente certes pas la roue en matière d’animation. Mais pourquoi bouder notre plaisir, puisque ces ingrédients, bien que remâchés, s’avèrent d’une si remarquable efficacité ?

Dans cette histoire largement inspirée du fameux E.T., de Steven Spielberg, un adorable et très expressif yéti s’échappe du laboratoire où il est confiné, en plein coeur d’une métropole chinoise. Tournée en plan subjectif par la réalisatrice Jill Culton, vue à travers les yeux de la créature apeurée et sans repères, cette séquence de fuite conquiert immédiatement les spectateurs à la cause.

Déguerpissant le plus loin possible de sa prison, le jeune yéti se réfugie sur le toit d’un appartement. Il y fait la connaissance de Yi (Chloe Bennet), une adolescente introvertie, en deuil de son père, qui multiplie les petits emplois dans l’espoir de récolter suffisamment d’argent pour faire le voyage à travers la Chine que ce dernier lui avait promis.

D’abord effrayée, la jeune fille se prend vite d’affection pour l’homme des neiges, qu’elle prénomme Everest. En compagnie de ses amis et voisins, le jeune Peng (Albert Tsai) et Jin (Tenzing Norgay Trainor), le tombeur de ces dames, ils entreprennent une longue épopée à travers le pays pour ramener le yéti vers le plus haut sommet du monde. Ils seront, bien entendu, poursuivis par une vilaine scientifique (Sarah Paulson) et un collectionneur d’animaux rares (Eddie Izzard), bien décidés à remettre leur incroyable trouvaille sous clé.

Qu’importent les clichés, c’est dans les sublimes animations que le film trouve son souffle. Car Culton et son équipe, sans avoir les moyens et les technologies de leurs concurrents chez Disney, tirent de véritables merveilles des paysages de l’empire du Milieu, magnifiés par les pouvoirs magiques d’Everest. En résultent des images saisissantes, parmi lesquelles cette scène où les héros sont transportés par une immense vague de tournesols, ou celle où Yi et son violon font naître le printemps sur le Grand Bouddha de Leshan.

Du pouvoir de la musique aux feuilles parapluies, les clins d’oeil au maître de l’animation japonais Hayao Miyazaki et à son célèbre Totoro abondent. Car au-delà des sempiternelles leçons sur l’amitié, la famille et le pouvoir des rêves, Abominable rappelle que la beauté et la rareté se trouvent juste sous nos yeux, et qu’il ne tient qu’à nous de les protéger.

LE COURRIER DES ÉCRANS

Le courrier des écrans. Le meilleur et le pire des écrans, petits et grands, vus par nos journalistes cette semaine. Inscrivez-vous, c'est gratuit.


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront le 5 septembre 2019.

Abominable

★★★

Film d’animation de Jill Culton. Avec Chloe Bennet, Albert Tsai, Tenzing Norgay Trainor et Sarah Paulson. États-Unis — Chine, 2019, 97 minutes.