Alexandre le fou

Quinze ans après un voyage en mer traumatisant, un homme atteint de schizophrénie voit son équilibre mis à mal. Dans ce documentaire magnifique, Pedro Pires déploie le parcours d’Alexandre Demard telle une fiction. Chaque plan rend compte d’une sensibilité plastique hors du commun, de l’ouverture sur une mer démontée à la séquence ultime, petit miracle où sont attachés tous les fils narratifs et symboliques. Or, si l’approche esthétique très « réglée » fonctionne d’abord, avec adéquation entre fond et forme, on ne retrouve pas d’écho aussi direct lorsque les choses se corsent pour Alex. Riche, l’oeuvre invite toutefois à un second visionnement et est beaucoup plus qu’un ravissant objet de cinéma : c’est d’abord une odyssée humaine poignante. Qu’est-ce qui relève de la vérité captée, de la reconstitution, ou du rehaussement fictif ? Qu’importe : en séchant ses larmes à la fin, on sait avoir ressenti, vécu quelque chose de vrai.

Notre critique complète

Horaire en salles

LE COURRIER DES ÉCRANS

Le courrier des écrans. Le meilleur et le pire des écrans, petits et grands, vus par nos journalistes cette semaine. Inscrivez-vous, c'est gratuit.


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront le 5 septembre 2019.

Alexandre le fou

★★★★

Documentaire de Pedro Pires. Avec Alexandre Demard, Odette Mansard, Hubert Demard, Emmanuel Demard. Québec, 2019, 65 minutes.