Un grand voyage vers la nuit

De retour dans sa ville natale qu’il a fuie naguère, un homme tente de retrouver une femme mystérieuse qu’il aima alors. Et si elle n’existait que dans ses souvenirs ? Néo-noir onirique d’une beauté stupéfiante, ce second long métrage de Bi Gan, un autodidacte à peine trentenaire, rend compte d’un rare talent pour immerger le cinéphile dans l’inconscient trouble d’un antihéros livré aux chimères d’un passé possiblement fantasmé. Car rien n’est arrêté dans cette oeuvre-fleuve dont la construction s’avère sophistiquée sans être capricieuse. Riche tant sur les plans symbolique (horloges, éléments de fiction gigognes, tels roman et salle de cinéma) que chromatique (utilisation avisée du vert et du rouge), le film refuse de tout expliquer. À terme d’ailleurs, on ne sait trop si ce à quoi l’on a assisté relève d’événements réels ou d’une fiction à l’intérieur d’une fiction, voire d’un film dans un film. Et ce doute, à l’instar de la facture exquise, séduit.

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Un grand voyage vers la nuit

★★★★ 1/2

Drame de Bi Gan. Avec Jue Huang, Tang Wei, Sylvia Chang. Chine-France, 2018, 143 minutes.