Des films et des stars

Meryl Streep, Tom Hanks, Daniel Craig, Jennifer Lopez, Russell Crow, Nicolas Cage, Renée Zellweger et Chris Young figurent parmi la longue liste de célébrités qui défileront sur le tapis rouge du Festival international du film de Toronto cette année.
Photo: Chris Young La Presse canadienne Meryl Streep, Tom Hanks, Daniel Craig, Jennifer Lopez, Russell Crow, Nicolas Cage, Renée Zellweger et Chris Young figurent parmi la longue liste de célébrités qui défileront sur le tapis rouge du Festival international du film de Toronto cette année.

Le 44e TIFF démarre jeudi. La rue King s’emballe déjà. Son Bell Light Box aussi, mais à la torontoise… c’est-à-dire avec un doigt de retenue.

Pour ouvrir le bal : la projection du documentaire canadien Once Were Brothers : Robbie Robertson and the Band, de Daniel Roher, sur une vie de rock star de la musique dans le berceau torontois.

Le ton sera ainsi donné : la Ville Reine, qui nous semble souvent bien sage, est un vivier de vedettes au profil pas carré du tout. Compris ! Elle l’est surtout au cours du TIFF, remarquez. Car ils seront tous là : Meryl Streep, Tom Hanks, Daniel Craig, Jennifer Lopez, Russell Crowe, Nicolas Cage, Renée Zellweger, Adam Driver, Isabelle Huppert, Matt Damon, Nicole Kidman, Gael Garcia Bernal, Anthony Hopkins, Joaquin Phoenix, jusqu’à Bruce Springsteen avec Western Stars en première mondiale, qu’il dirigera lui-même sous forme de mémoire. Sans compter les autres.

Plusieurs cinéastes et acteurs arrivent directement de la Mostra de Venise. D’autres accompagnent les gros films de Cannes, dont Almodóvar et Bong Joon-Ho (lauréat de la Palme d’or avec Parasite).

Et pour bien prouver que les étoiles ne fréquentent pas que le royaume des dieux, plusieurs d’entre elles, de Jamie Fox à Antonio Banderas en passant par Michael B. Jordan et Javier Bardem, descendront de leur Olympe pour des entretiens avec le public.

Primeurs mondiales

Le TIFF a ses primeurs mondiales, dont The Goldfinch de John Crowley avec Nicole Kidman (adapté du roman au prix Pulitzer de Donna Tartt), entre thriller et incursion au musée, Blackbird de Roger Michell, sur fond d’amitié et de deuil (avec Susan Sarandon et Kate Winslet). Très attendu aussi : A Beautiful Day in the Neighbourhood de Marielle Heller, dans lequel Tom Hanks, en journaliste, se lie d’amitié avec les enfants d’un animateur de télé. Ainsi qu’Harriet de Kasi Lemmons, sur la vie d’une esclave noire au XIXe siècle.

C’est la première édition de l’équipe Cameron Bailey et Joana Vicente après le départ de Piers Handling, cinéphile au long cours, ami de coeur du Québec et de la vieille Europe. On s’attend à un virage plus globalement « films-événements ». Par ailleurs, la concurrence avec Venise se fait beaucoup au détriment du TIFF cette année. La Mostra récolte le gros du pactole « oscarisable », qui vient atterrir ici ensuite. Ainsi, Joker de Todd Phillips, avec Joaquin Phoenix — en route, dit-on là-bas, vers les Oscar — dans le rôle du vilain de Batman, fera courir les foules.

On a hâte aussi de voir La vérité, premier film français du Japonais Hirokazu Kore-eda, sur une relation mère-fille portée par Catherine Deneuve et Juliette Binoche.

36 % des films du TIFF sont dirigés ou codirigés par des femmes, mais avec parité aux présentations de gala. Les grosses productions à fort budget sont encore réquisitionnées par des cinéastes masculins.

Chez nous et ailleurs

Bien sûr, il y aura les grandes premières québécoises, celles du percutant Antigone de Sophie Deraspe, du poétique Il pleuvait des oiseaux de Louise Archambault, de Kuessipan de Myriam Verreault, sur fond de quête identitaire innue. Les réalisatrices seront beaucoup nos porte-drapeaux. Remarquez : l’admirable Physique de la tristesse de Theodore Ushev, retour sur la trajectoire du grand cinéaste d’animation d’origine bulgare installé à Montréal, avec une technique de peinture à l’encaustique au style mystérieux et lyrique, va briller fort.

On attend en première mondiale le film, surtout torontois soit, mais signé François Girard (cinéaste québécois du Violon rouge). Son The Songs of Names, sur un musicien virtuose, donnera la vedette à Tim Roth et Clive Owen. Le Torontois Atom Egoyan revient en selle avec Guest of Honour, dirigeant le grand acteur britannique David Thewlis.

Au menu international, il y aura bien des oeuvres tirées de la vraie vie, comme l’époque aime les enfanter (et qui plaisent aux Oscar). Dans Judy de Rupert Goold, on découvrira la triste fin de carrière de Judy Garland, avec Renée Zellweger en star chantante et déclinante. Dans American Woman de Semi Chellas, c’est le destin romancé de Patty Hearst, kidnappée militante des années 1970, qui reprend vie.

Adolf Hitler ressuscite dans le film satirique Jojo Rabbit de Taika Waititi. La naissance de la mythique voiture de course est le sujet de Ferrari par James Mangold, avec Christan Bale et Matt Damon. L’histoire des Panama Papers reprend du souffle dans The Laundromat de Steven Soderbergh, sur une chaude distribution : Meryl Streep, Gary Oldman, Antonio Banderas, etc. Dans Marriage Story, Noah Baumbach s’est inspiré de son propre divorce d’avec Jennifer Jason Leigh, le faisant jouer par Adam Driver et Scarlett Johansson.

On courra d’un film à l’autre sans pouvoir tout couvrir, mais avec passion, promis !

Odile Tremblay séjourne à Toronto à l’invitation du TIFF.

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