Florent Vollant, sur grand écran

Les revendications sociales et politiques parsèment la biographie de Florent Vollant.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Les revendications sociales et politiques parsèment la biographie de Florent Vollant.

Le hasard fait parfois bien les choses et dans le cas d’Éli Laliberté, documentariste gaspésien, il lui a permis de réaliser une biographie sur l’auteur-compositeur-interprète innu Florent Vollant. Le résultat est un long parcours en temps (60 ans) et en kilomètres, de Montréal à Maliotenam, réserve au-delà de Sept-Îles. Florent Vollant – Faiseur de Makusham sera présenté pour la toute première fois en plein coeur du festival Les Percéides, dont la 11e édition s’ouvre jeudi à Percé.

Le hasard a voulu qu’un jour où Éli Laliberté passait par les bureaux de PVP, boîte de production de Matane, une liste de biographies à développer traînait dans un coin. La curiosité effrontée du réalisateur a pris le relais. « D’une façon ou d’une autre, j’ai vu le nom de Florent Vollant sur la table de la productrice », commente-t-il, la voix gênée, de sa résidence de Cascapédia, dans la Baie-des-Chaleurs.

Éli Laliberté s’est proposé pratiquement sur-le-champ de se charger du projet. Ses affinités avec les communautés autochtones étaient son argument. Surtout, il connaissait son sujet, pour avoir travaillé avec lui sur un titre précédent, Le temps d’une chasse (2007) — à ne pas confondre avec la fiction homonyme de 1972 de Francis Mankiewicz. La suite ne tient plus au hasard, mais à la confiance entre Laliberté et Vollant et à la besogne d’une longue entrevue devant la caméra.

« Il y avait une trame incontournable, note le documentariste : faire le parallèle entre la vie de Florent et les luttes autochtones ces soixante dernières années. Lui est arrivé [né en 1959] au moment spécial où son peuple nomade passe au mode de vie d’aujourd’hui. »

Les revendications sociales et politiques parsèment la biographie. Éli Laliberté a pris le temps de fouiller parmi les archives de nos télévisions publiques et privées. Reste que le parcours de Florent Vollant est essentiellement musical, de ses plus lointains souvenirs d’enfance à ses récents efforts en appui à la relève chez les Autochtones. En passant par l’énorme parenthèse Kashtin, autre incontournable.

Dans la culture innue, le chanteur est un rêveur et le « makusham », sa principale manifestation. Florent Vollant a toujours aspiré, à chaque spectacle, à tenir le rôle de « faiseur de makusham ». Le documentaire lui rend bien cette image.

Les Percéides, 11e envolée

Le mariage cinéma et Gaspésie, ou culture et nature, François Cormier y croit profondément. Le festival Les Percéides, il l’a fondé en 2008 sur le principe du cinéma à la belle étoile, les deux pieds pratiquement dans les eaux du golfe Saint-Laurent.

Onze ans plus tard, le « cinéma-plage » demeure à l’horaire, bien qu’avec la croissance du festival basé à Percé, la séance plein air se trouve noyée dans une programmation plus vaste en nombre de films (110 films, cette année) et de jours. Depuis trois ans, les Percéides s’étalent sur deux fins de semaine et s’étendent jusqu’à la ville voisine de L’Anse-à-Beaufils.

« Notre grande vitrine, c’est le cinéma sur la plage », assure François Cormier. Les gens créent l’ambiance, arrivent avec chaises et lunchs. » L’an dernier, La Bolduc, de François Bouvier, a établi un record sur la plage, au dire du directeur fondateur : 600 personnes. Cette année, on mise sur un classique du cinéma québécois, J. A. Martin photographe (Jean Beaudin, 1977).

« Des festivaliers qui se déplacent sur le littoral, c’est notre réalité. Ici, on respire le cinéma », soutient depuis Percé l’homme qui n’a jamais hésité à faire du cinéma d’auteur, et même expérimental, la raison du retour dans ses terres natales. Auparavant, il dirigeait Champ libre, festival en arts électroniques et architecture fondamentalement montréalais.

Le festival s’ouvrira avec Mommy, de Xavier Dolan, en présence de l’acteur Antoine-Olivier Pilon, fils du coin. La première mondiale de Florent Vollant – Faiseur de Makusham lancera la seconde semaine du festival, ancrée à la Vieille Usine, diffuseur de L’Anse-à-Beaufils.