Du travail reste à faire pour atteindre la parité, reconnaît Téléfilm

Sur les 75 millions de dollars distribués par Téléfilm, 59%, soit 45,5 millions, sont au bénéfice d’un film réalisé, produit ou scénarisé par une femme.
Photo: iStock Sur les 75 millions de dollars distribués par Téléfilm, 59%, soit 45,5 millions, sont au bénéfice d’un film réalisé, produit ou scénarisé par une femme.

Engagé dans un processus de parité hommes-femmes sur la question du financement, Téléfilm Canada affirme être sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs de 2020. Les résultats de l’exercice 2018-2019 dévoilés jeudi montrent pourtant que d’importants écarts subsistent.

« Il y a eu une hausse du financement pour les projets ayant des femmes dans les rôles clés (réalisatrice, productrice ou scénariste), aussi bien en ce qui concerne le montant du financement que le nombre de films », résume d’entrée de jeu le communiqué publié depuis les bureaux de Toronto et de Montréal.

Sur les 75 millions de dollars distribués par Téléfilm, 59 %, soit 45,5 millions, sont au bénéfice d’un film réalisé, produit ou scénarisé par une femme. Ce taux élevé contraste cependant avec les chiffres issus d’une ventilation profession par profession.

« Le but est d’en arriver, avec le soutien de l’industrie, à un portefeuille de production équilibré (à tous les niveaux de budget) qui reflète la parité dans chacun des rôles créatifs clés d’ici 2020 », reconnaît-on à l’organisme fédéral.

Les réalisatrices représentent 39 % de l’ensemble des cinéastes soutenus, mais n’ont reçu que 28 % de l’argent disponible. Chez les scénaristes, la disproportion est similaire : 29 % seulement sont des femmes et leur aide équivaut à 36 % de la somme répartie.

Côté productrices, elles obtiennent une plus grande reconnaissance, avec notamment 61 % des films financés. C’est d’ailleurs dans ce seul secteur de la production qu’aucune baisse de pourcentages n’est observée entre 2017-2018 et 2018-2019.

Un secteur à la fois

Les données rendues publiques donnent raison à Réalisatrices équitables, qui dénonçait mardi une tendance trop rapide, du côté des organismes publics, à crier victoire sur les questions paritaires. Le groupe de pression fait remarquer que les femmes demeurent sous-représentées, sauf pour les documentaristes. La parité varie aussi selon qu’on prenne en compte les montants investis ou le nombre de films.

Deux exemples parmi d’autres. Dans les films à gros budget (2,5 millions de dollars et plus), la somme recueillie par les productrices atteint 42 %, mais tombe à 23 % chez les réalisatrices. Si on regarde dans la section « Nombre de films », ces deux mêmes colonnes indiquent 53 % et 26 %.

De l’aveu même de Christa Dickenson, directrice générale de Téléfilm, « nous faisons des progrès vers l’atteinte d’une représentation durable et équilibrée des femmes dans les rôles clés derrière la caméra. Nous sommes toutefois conscients qu’il reste du travail à faire pour atteindre notre objectif de 2020. »

La haute fonctionnaire admet que Téléfilm ne peut agir seul pour atteindre l’objectif paritaire dans son ensemble. Elle invite l’industrie à l’accompagner dans cet effort.

« Nous avons besoin, dit-elle, que les distributeurs, les producteurs et les diffuseurs se joignent à nous pour aider un plus grand nombre de femmes à réaliser des films à plus gros budget. Les auditoires ont soif d’une plus grande représentation dans les histoires qui sont racontées. Nous voulons multiplier les possibilités, mais nous n’y arriverons pas sans aide. »