Buñuel après L’âge d’or

Paria en France après que son film L’âge d’or eut scandalisé, Luis Buñuel rentre en Espagne tourner Terre sans pain, sur un peuple vivant dans une pauvreté extrême. Au style contrasté du roman graphique de Fermín Solís qui l’a inspiré, le réalisateur Salvador Simo préfère un rendu plus doux dont l’apparent minimalisme s’avère puissamment évocateur. Constant, le souffle narratif est amplifié par une musique remarquable. Il en résulte un portrait éminemment complexe de Buñuel qui, voulant éveiller les consciences en montrant des conditions de vie inhumaines (une « vraie raison de se scandaliser »), cherche à se définir dans sa pratique. Il ignore, bien sûr, qu’il deviendra l’un des plus grands cinéastes de l’histoire du cinéma, et l’un des plus distinctifs. Entre autres grâce à cette aventure-là. Parti changer le monde, c’est lui, qui s’est vu transformé. Bref, Buñuel après l’âge d’or n’est pas tant le making-of d’un film que celui d’un artiste.

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Buñuel après L’âge d’or

★★★★

Animation de Salvador Simo. Espagne, 2018, 80 minutes.