Leto (V.O., s.-t.f.)

À Lenigrad, vers 1982, le coeur d’une jeune femme balance entre son mari rockeur et le protégé de ce dernier. Inspiré par les souvenirs de Natalia Nauvenko, Leto revendique un regard fictif. Pleine de panache, cette production en noir et blanc convoque le souvenir des vidéoclips et des pubs d’alors, recourant çà et là au dessin sur pellicule. L’effet rétro et pop confère à l’image une énergie en phase avec la bande-son : le film, à l’instar des protagonistes, semble exister d’abord pour la musique. L’oppression communiste est évoquée sur un ton badin, voire humoristique : un parti pris avisé engendrant un malaise plus prégnant qu’une critique explicite. Pour autant, le film demeure léger et offre un triangle amoureux classique. C’est ténu, mais expertement exécuté et interprété par Irina Starshenbaum et Roman Bilyk. Inexpressif, Teo Yoo ne convainc pas, en revanche. Il n’empêche, c’est là une oeuvre tonique, aussi agréable à l’oeil qu’à l’oreille.

Notre critique complète

Horaire en salles

Leto (V.O., s.-t.f.)

★★★ 1/2

Drame biographique de Kirill Serebrennikov. Avec Teo Yoo, Roma Zver, Irina Starshenbaum. Russie-France, 2018, 126 minutes.