Xavier Dolan et Monia Chokri au 72e Festival de Cannes

Le 72e Festival de Cannes se déroulera du 14 au 25 mai, et la présence québécoise est d’ores et déjà assurée d’y briller.
Photo: Loic Venance Agence France-Presse Le 72e Festival de Cannes se déroulera du 14 au 25 mai, et la présence québécoise est d’ores et déjà assurée d’y briller.

Ce sont deux compagnons montréalais de la première heure qui s’envoleront à Cannes en mai prochain. Non seulement Matthias et Maxime de Xavier Dolan se retrouvera en compétition, mais La femme de mon frère de Monia Chokri (son actrice des Amours imaginaires et de Laurence Anyways) aura également droit aux honneurs de la sélection officielle dans le volet « Un certain regard ».

Le 72e Festival de Cannes se déroulera du 14 au 25 mai, et la présence québécoise est d’ores et déjà assurée d’y briller.

Avec Matthias et Maxime, son septième long métrage en dix ans, Xavier Dolan se trouve pour la troisième fois dans la course à la Palme d’or, après Mommy (prix du jury) et Juste la fin du monde (Grand Prix du jury). Il s’agit également de la sixième présence du jeune cinéaste sur la Croisette, où il a aussi présenté J’ai tué ma mère, Les amours imaginaires et Laurence Anyways.

Son dernier film, à la distribution québécoise pur jus, lui donne la vedette aux côtés de Gabriel D’Almeida Freitas, Pier-Luc Funk, Anne Dorval, Micheline Bernard, Antoine Pilon et bien d’autres, dans une oeuvre chorale sur l’amitié où un trouble érotique homosexuel s’invite. Il est scénarisé et réalisé par le cinéaste et produit par sa boîte Sons of Manual.

Avec La femme de mon frère, Monia Chokri, qui avait déjà signé le court métrage Quelqu’un d’extraordinaire, primé aux Jutra en 2014, a réalisé un premier long métrage sur les affres et les joies d’une fratrie. Porté par des acteurs comme Anne-Élisabeth Bossé, Patrick Hivon, Micheline Bernard (également à l’affiche du film de Dolan), Magalie Lépine-Blondeau et Mani Soleymanlou, il pose un regard intimiste sur un lien frère-soeur fusionnel mis à mal par la nouvelle flamme du jeune homme.

La productrice Nancy Grant est impliquée dans les deux films, ainsi que le distributeur Les films Séville.

Il y aura aussi un peu de Québec dans Ce doit être le paradis du Palestinien Elia Suleiman, une coproduction Québec-France-Turquie-Allemagne qui a été en partie tournée à Montréal et qui atterrit en compétition officielle.

Compétition prestigieuse

La compétition cannoise, dont bien des titres avaient déjà filtré, s’annonce d’ailleurs prestigieuse, avec le Britannique Ken Loach (Sorry We Missed You), l’Espagnol Pedro Almodóvar (Douleur et gloire), les Belges Jean-Pierre et Luc Dardenne (Le jeune Ahmed) et l’Américain Terrence Malick (A Hidden Life). Ajoutez-y des films inspirants, tels que Parasite (Gisaengchung) du Sud-Coréen Bong Joon-ho, The Whistlers du Roumain Corneliu Porumboiu, Frankie de l’Américain Ira Sachs, Atlantique de la Sénégalaise Mati Diop, Bacurau du Brésilien Kleber Mendonça Filho, et bien d’autres.

Des palmés d’or sont de la fête, tout comme des « abonnés » souvent accompagnés de vedettes sur le tapis rouge du festival, dont l’ouverture sera assurée par Jim Jarmusch et son film de zombies cinq étoiles The Dead Don’t Die. Mais de premières oeuvres sont aussi présentes.

Bref, ce 72e festival s’annonce plus relevé et inspirant que celui de l‘an dernier.

On espère que Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino, encore en postproduction, s’ajoutera plus tard au nombre des élus. Même chose pour la science-fiction Ad Astra de James Gray, La vérité d’Hirokazu Kore-eda et Mektoub my Love : Intermezzo d’Abdellatif Kechiche. Seuls dix-neuf titres ont été révélés en compétition, ce qui laisse place aux retardataires.

La France n’est pas en reste, puisqu’Arnaud Desplechin (avec Roubaix, une lumière, adapté d’un fait divers) sera de la course aux côtés de la très talentueuse Céline Sciamma (à travers sa production historique Portrait de la jeune fille en feu), ainsi que Ladj Ly (Les Misérables) et Justine Triet (Sibyl).

Les réalisatrices en compétition sont un peu mieux représentées que d’habitude, en cette année où la défunte Agnès Varda tient le haut de l’affiche, avec la présence de l’Autrichienne Jessica Hausner (Little Joe), des deux réalisatrices françaises Sciamma et Triet, ainsi que celle de la Sénégalaise Mati Diop.

Les plus belles années d’une vie de Claude Lelouch, nouvelle suite à Un homme et une femme, sera projeté hors compétition. Jeanne de Bruno Dumont et Chambre 212 de Christophe Honoré atterriront de leur côté à « Un certain regard ».

La teneur des sections parallèles se dévoilera au cours des prochains jours et devrait contenir quelques surprises. Cannes, que certains annonçaient en déclin, semble en voie de relever brillamment la tête.

Les 19 films en compétition pour la Palme d'or

  • The Dead Don't Die de Jim Jarmusch (États-Unis), en ouverture
  • Douleur et gloire (Dolor y Gloria) de Pedro Almodóvar (Espagne)
  • Le traître (Il Traditore) de Marco Bellocchio (Italie)
  • The Wild Goose Lake (Nan Fang Che Zhan De Ju Hui) de Diao Yinan (Chine)
  • Parasite (Gisaengchung) de Bong Joon-ho (Corée du Sud)
  • Le jeune Ahmed de Jean-Pierre et Luc Dardenne (Belgique)
  • Roubaix, une lumière d'Arnaud Desplechin (France)
  • Atlantique de Mati Diop (France/Sénégal), premier long-métrage
  • Matthias et Maxime de Xavier Dolan (Canada)
  • Little Joe de Jessica Hausner (Autriche)
  • Sorry We Missed You de Ken Loach (Grande-Bretagne)
  • Les Misérables de Ladj Ly (France), premier long-métrage
  • Une vie cachée (A Hidden Life) de Terrence Malick (États-Unis)
  • Bacurau de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles (Brésil)
  • The Whistlers de Corneliu Porumboiu (Roumanie)
  • Frankie d'Ira Sachs (États-Unis)
  • Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma (France)
  • It Must Be Heaven du Palestinien Elia Suleiman
  • Sibyl de Justine Triet (France)