Les flâneurs


Odile Tremblay

Femme en guerre
On ne saurait trop vous recommander d’aller voir le film Une femme en guerre de l’Islandais Benedikt Erlingsson. Sur un bijou de scénario, cette fable écologiste pétrie de bonnes idées mêle l’humour, le drame, l’émotion à travers les spectaculaires paysages de glacier du pays. Cette histoire d’une femme seule qui entreprend de lutter seule contre les multinationales est traitée avec une légèreté et un charme fous. Quant à l’actrice principale, Halldora Geirharosdottir, elle se révèle une héroïne quinquagénaire aussi déjantée que délicieuse.


Caroline Montpetit

Halte chez Gertrude Stein
L’écrivaine américaine Gertrude Stein est un personnage phare de la vie artistique à Paris au XXe siècle. Elle y tenait salon, au 27 de la rue de Fleurus, avec sa compagne Alice Toklas, et y recevait autant Picasso et Matisse qu’Hemingway et Scott Fitzgerald. Twenty Seven, l’opéra de chambre présenté par l’Atelier lyrique de Montréal, fait halte chez elle, sur la scène conviviale du théâtre Centaur, en compagnie du violoncelliste Stéphane Tétreault et de la pianiste Marie-Ève Scarfone. Christianne Bélanger en Gertrude Stein et Elizabeth Polese en Alice Toklas y formaient, samedi dernier, un magnifique duo.


Louise-Maude Rioux Soucy

Ziva Postec raconte l’inracontable
Derrière le monument Lanzmann qui a enfanté le film-somme Shoah, il y a le doigté d’une créatrice visionnaire qui a donné sa grammaire à ce prodige décortiquant la terrible machine de mort. Ziva Postec a consacré six ans de sa vie à extirper sens et essence de la masse de témoignages recueillis. Dans Ziva Postec. La monteuse derrière le film Shoah, Catherine Hébert sort de l’ombre cette dentellière du son et des images. Celle-ci s’y montre d’une intelligence hors du commun, fantasque dans sa volonté farouche de dompter ce film-fleuve, douloureux, mais nécessaire. Une révélation à attraper en salle.


Geneviève Tremblay

Gloria Steinem, en français
En attendant la parution au Québec (en avril) de Ma vie sur la route, la traduction française des mémoires de Gloria Steinem, il faut se replonger dans le livre phare de la féministe américaine, Actions scandaleuses et rébellions quotidiennes, traduit en français l’automne dernier seulement, soit 35 ans après sa parution. Au-delà du reportage d’investigation «J’ai été une Playboy Bunny», ce recueil raconte avec aplomb une lutte menée durant 15 ans aux États-Unis pour faire entendre la parole des femmes et réclamer l’égalité. Les années ont peut-être passé, mais ce travail d’envergure est encore d’une redoutable actualité.

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