«Miraï, ma petite sœur»: dur apprentissage

En dépit d’une charge fantaisiste considérable sur le plan du récit, «Miraï, ma petite sœur» manque un brin de poésie à l’image.
Photo: Wild Bunch Distribution En dépit d’une charge fantaisiste considérable sur le plan du récit, «Miraï, ma petite sœur» manque un brin de poésie à l’image.

Kan, 4 ans, est un petit garçon comblé. Il habite une magnifique maison de Yokohama avec sa maman et son papa. Architecte, ce dernier a construit celle-ci autour d’un arbre qui trône désormais au centre de la propriété. Il s’agit en l’occurrence du lieu favori de Kan, qui s’y amuse tantôt avec ses jouets, tantôt avec Yukko, le chien de la famille. Tout ne serait que bonheur et félicité pour Kan si ce n’était de l’arrivée inopinée de Miraï, sa nouvelle petite sœur. Jaloux des soins que lui prodiguent ses parents, Kan devient capricieux, et même violent. Jusqu’au jour où, parti bouder auprès de son arbre, il tombe nez à nez avec une jeune fille n’étant autre que la version adolescente de Miraï venue le visiter depuis le futur.

Cet épisode n’est pas, pour être tout à fait exact, le premier du genre auquel le garçonnet est confronté. En effet, quelques jours plus tôt, à la suite également de l’une de ses colères, le chien de la maisonnée Yukko lui est apparu au même endroit sous forme humaine. D’autres apparitions — et crisettes — du genre surviendront, Kan se révélant un enfant-roi particulièrement lent à apprendre sa leçon.

Travaillant du foyer, son père fait les frais de l’insatisfaction de Kan durant la journée, mais sa mère y goûte elle aussi lorsqu’elle rentre du boulot.

Le concept sur lequel repose Miraï, ma petite sœur, le plus récent film du cinéaste d’animation japonais Mamoru Hosoda (Les enfants loups Ame et Yuki, Le garçon et la Bête), dévoilé à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes et en lice récemment pour l’Oscar du meilleur long métrage animé, est vraiment intéressant. Et par surcroît richement évocateur.

Visuellement stimulant

En effet, cette cour intérieure devient en quelque sorte pour Kan un « jardin secret », et cela, au propre comme au figuré (on pourra ici voir un clin d’œil au classique de la littérature jeunesse de Frances Hodgson Burnett). Il en va de même pour la connotation généalogique de l’arbre, utilisée ici de manière tant littérale que symbolique.

Le graphisme, ceci dit, est d’inégale tenue. Si les arrière-plans sont magnifiquement exécutés, les personnages revêtent, eux, une apparence plus rudimentaire.

Le mouvement d’ensemble possède une bonne fluidité, mais cette production du studio Chizu n’atteint jamais la complexité formelle de celles des studios Ghibli cofondés par Hayao Miyazaki. D’ailleurs, en dépit d’une charge fantaisiste considérable sur le plan du récit, Miraï, ma petite sœur manque un brin de poésie à l’image.

Il n’empêche : le film demeure visuellementplus stimulant que la moyenneet offre, à terme, une fable fort imaginative. Laquelle pourra être appréciée avec ou sans enfant.

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Miraï, ma petite soeur (V.O., s.-t.f.)

★★★ 1/2

Animation de Mamoru Hosoda. Japon, 2018, 98 minutes.