Faire du cinéma d’horreur avec Ed Wood

Les participants sont invités à s’équiper d’un casque et d’un sac pour plonger directement dans le film.
Photo: Vivien Gaumand Les participants sont invités à s’équiper d’un casque et d’un sac pour plonger directement dans le film.

Les plateaux de cinéma ne sont pas réputés pour être des environnements reposants. Qui plus est lorsque le réalisateur a la réputation d’être le pire cinéaste de l’histoire du cinéma. C’est cette expérience déstabilisante que propose le Centre Phi avec The Horrifically Real Virtuality, réalisée par Marie Jourdren (Alice, the Virtual Reality Play) et coproduit par le Centre Phi.

Le public est donc invité, par petits groupes de dix personnes, à entrer directement sur le plateau d’un film d’Ed Wood, cinéaste du milieu du XXe siècle célèbre pour avoir fait des films d’horreur à petit budget qui multipliaient les effets spéciaux, avec un succès très mitigé. C’est précisément pour cette raison que Marie Jourdren a choisi son oeuvre comme thème de son installation. Un peu comme si elle avait décidé d’offrir à Ed Wood les moyens techniques qui lui ont fait défaut à l’époque. Mentionnons toutefois qu’Ed Wood a été classé « pire cinéaste de l’histoire du cinéma » deux ans après sa mort.

Devenir extraterrestre

L’expérience, qui dure environ une heure en tout, est assez chargée. Dans un premier temps, le public est invité à participer au tournage de la dernière scène du film, en l’absence d’une bonne partie de l’équipe technique « retenue » quelque part. Les participants sont guidés par un groupe de véritables comédiens, qui jouent qui Ed Wood, qui sa productrice, qui l’acteur Bela Lugosi. L’ambiance est au chaos, Ed Wood est désagréable et furieux, la productrice est stressée, le comédien est hors de lui.


Photo: Vivien Gaumand Ed Wood

Il s’agit d’une scène où le personnage principal, Bela Lugosi, peste contre des extraterrestres qui auraient enlevé son épouse. Sans vouloir vendre les punchs, dans la seconde partie de l’expérience, les participants sont invités à s’équiper d’un casque et d’un sac pour plonger directement dans le film, dont ils deviendront des acteurs.

C’est alors que, transformés eux-mêmes en extraterrestres, ils pourront aborder directement Bela Lugosi dans son salon. Ici, il y a place à l’improvisation et à l’interaction entre les personnages. Les personnes qui participeront à l’expérience en groupe d’amis y riront sans doute davantage que les autres.

Les amateurs d’émotions fortes et d’expériences nouvelles trouveront sans doute de quoi s’amuser dans cet amalgame de théâtre, de cinéma d’un autre âge et de réalité virtuelle. Mais l’effet d’humour que l’équipe a voulu créer est parfois annulé par le stress généré par cette ambiance chaotique. C’est d’autant plus vrai que la réalité virtuelle est une expérience qui bouscule les références du commun des mortels. Il faut savoir la présenter en petites doses.

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