La mode à l’africaine sous les projecteurs

Les créations dérivées du wax et aussi d’autres textiles africains, ici présentés dans une boutique de Montréal, sont de plus en plus prisées en Europe et en Amérique, où les designers comme les grandes surfaces les déclinent en mode contemporaine.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Les créations dérivées du wax et aussi d’autres textiles africains, ici présentés dans une boutique de Montréal, sont de plus en plus prisées en Europe et en Amérique, où les designers comme les grandes surfaces les déclinent en mode contemporaine.

On le croit africain alors qu’il a été créé en Europe. Il reste que les Africains portent abondamment le « wax », ce tissu coloré aux mille motifs majoritairement conçu en Hollande. L’étoffe est d’ailleurs au coeur d’un documentaire présenté à l’occasion du festival Fondu au Noir, qui s’ouvre vendredi en faisant la part belle aux influences africaines dans la mode et le design.

Ceux qui l’ont manqué au Festival international du film black de Montréal, à l’automne, pourront visionner le film Wax in the City lors de la soirée d’ouverture de Fondu au Noir, dont la huitième édition sera lancée à la Grande Bibliothèque de Montréal dans le cadre dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs.

Le documentaire d’Élie Séonnet, qui sera sur place vendredi soir, suit la Miss France 2014, Flora Coquerel, sur la route de la mode africaine telle que portée par ceux qu’on appelle les « Afropolitains ». On y rencontre des designers qui intègrent le wax dans les vêtements de sport, par exemple, mais également d’autres qui s’attardent à créer avec des tissus faits en Afrique, pour soutenir l’économie locale. Les créations dérivées du wax et aussi d’autres textiles africains, comme le bogolan du Mali, sont d’ailleurs de plus en plus prisées en Europe et en Amérique, où les designers comme les grandes surfaces les déclinent en mode contemporaine.

Regain d’intérêt

La soirée, qui mettra aussi en scène un défilé de designers locaux, sera animée par Déborah Cherenfant, créatrice de la ligne d’accessoires et de vêtements Ateliers colorés, et organisatrice du Marché coloré, éphémère et mobile. La créatrice constate depuis deux ans un regain d’intérêt pour le wax au Québec. Ce tissu n’est cependant pas vraiment présent dans les Caraïbes, d’où provient une forte proportion de la communauté noire du Québec. En Haïti, explique-t-elle, on n’utilise pas le wax dans les costumes traditionnels, mais plutôt le carabella ou le siam, la dentelle, qui est un héritage colonial, et parfois du madras.

Le thème du leadership et de la création de richesse est par ailleurs central au festival, qui se poursuivra tout le week-end à Montréal. Samedi, une série de conférences mettra en scène des leaders des communautés noires d’ici. Car il n’y en a pas qu’une, comme le souligne la fondatrice du festival, Fabienne Colas, « comme il n’y a pas qu’une communauté blanche ».

La première de cette série, qui se tiendra à 13 h, se donne sous le thème « L’union fait la force », est animée par Kerlande Mibel, présidente-directrice générale du Forum économique des Noirs. On y retrouvera notamment , humoriste et fondatrice d’Audace au féminin, qui s’est donné pour mission de célébrer la femme noire et son influence. C’est elle qui est à l’origine du premier Salon de la femme noire à Montréal, en juin dernier. Y seront aussi l’anthropologue et chroniqueuse au Devoir Emilie Nicolas, l’auteure Marilou Craft et l’entrepreneur Thierry Lindor.

Suivront différentes discussions, notamment sur la relève en cinéma, sur le parcours de différents immigrants, dont Rodney Saint-Éloi, Frantz Benjamin et Fabienne Colas. On y rencontrera aussi l’ancien joueur de la LNH Georges Laraque et l’ancienne gouverneure générale Michaëlle Jean, qui clôturera la série dans le cadre d’une entrevue « à coeur ouvert », avec Fabienne Colas. La soirée se poursuivra en rythmes afro-latins au club Copacabana. « Nous sommes contents de cette soirée parce que la communauté latine n’est pas toujours incluse » dans les événements de la communauté noire, dit Fabienne Colas.

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