Un film chinois de Zhang Yimou déprogrammé du festival du film de Berlin

Le réalisateur chinois Zhang Yimou, de passage à Los Angeles en 2015
Photo: Chris Weeks Archives Getty Images/AFP Le réalisateur chinois Zhang Yimou, de passage à Los Angeles en 2015

Le nouveau film du réalisateur chinois d’Épouses et concubines et du Sorgho rouge, Zhang Yimou, intitulé Yi miao zhong (One Second), qui se déroule pendant la Révolution culturelle, a été retiré lundi de la compétition du festival du film de Berlin, ont annoncé les organisateurs.

« En raison de difficultés techniques lors de la postproduction, Yi miao zhong (One Second) de Zhang Yimou ne pourra malheureusement pas être présenté le 15 février dans le cadre de la compétition de la Berlinale », a annoncé le festival dans un communiqué, précisant que le nombre de films en compétition passait ainsi de 17 à 16.

« Le festival montrera à la place un autre film choisi parmi les oeuvres précédentes de Zhang Yimou », a-t-il ajouté.

Le film de Zhang Yimou, réalisateur emblématique de son pays récompensé notamment par l’Ours d’or à Berlin en 1988 pour Hóng Gāoliáng (Le Sorgho rouge), devait être montré à la Berlinale vendredi en avant-première mondiale. Il raconte l’histoire d’un prisonnier qui s’échappe de son camp de travail pendant la Révolution culturelle pour voir un film.

Un autre film chinois, dans la section parallèle Génération, Shao nian de ni (Better Days) de Derek Kwok-cheung Tsang, sur les tourments de la jeunesse du pays, avait déjà été retiré de la sélection la semaine dernière. Le festival avait annoncé que ses quatre projections « avaient dû être malheureusement annulées ».

La censure se resserre en Chine

Les médias, internet et le cinéma sont soumis à une étroite censure en Chine, qui s’est renforcée depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012. Une série télévisée en costumes sur une concubine qui se hisse au sommet du pouvoir dans la Chine impériale s’est récemment retrouvée dans le collimateur des autorités, qui veulent privilégier des oeuvres conformes aux idéaux communistes. Des chaînes de télévision l’ont retirée de leur programmation.

Les films de Zhang Yimou et Derek Kwok-cheung Tsang ne sont pas les premiers films chinois à être déprogrammés au dernier moment de festivals de cinéma.

En 2017, le film chinois Dàshìjiè (Have a Nice Day) de Liu Jian, critique sur les travers du capitalisme dans la Chine contemporaine, en compétition à la Berlinale, avait été déprogrammé du Festival du film d’animation d’Annecy quelques mois plus tard, en raison du refus des autorités chinoises de lui accorder une autorisation de sortie.

La Chine a adopté en 2016 une loi sur les films interdisant les contenus jugés nuisibles à « la dignité, l’honneur et les intérêts » du pays.