«Les routes en février»: retrouvailles douces-amères

Katherine Jerkovic propose ici une œuvre d’une infinie délicatesse et d’une infinie pudeur.
Photo: Axia Films Katherine Jerkovic propose ici une œuvre d’une infinie délicatesse et d’une infinie pudeur.
Son sac sur le dos, Sarah a quitté Montréal afin de rendre visite à sa grand-mère Magda en Uruguay. Il s’agit de retrouvailles douces-amères. En effet, le père de Sarah, ce fils dont Magda a espéré en vain le retour, vient de mourir.

Si c’est là le principal motif de son voyage, Sarah n’en est pas moins mûre pour un temps d’arrêt. Dans la quiétude de ce village reculé, la jeune femme trouvera un contexte de réflexion idéal.

Aussi peu loquace que démonstrative, mais aimante néanmoins, Magda, de son côté, s’inquiète de l’apparente indolence de sa petite-fille.

Lauréate du prix du meilleur premier long métrage canadien au TIFF, Katherine Jerkovic propose ici une œuvre d’une infinie délicatesse et d’une infinie pudeur, en phase avec ses deux émouvantes protagonistes, femmes issues de générations et de milieux distincts qui s’apprivoisent pour mieux se redécouvrir.

Il se dégage de ce film minimaliste une harmonie heureuse entre le fond et la forme, la langueur du climat seyant merveilleusement au rythme méditatif de l’œuvre.

Les routes en février

★★★ 1/2

Drame de Katherine Jerkovic. Avec Arlen Aguayo-Stewart, Gloria Demassi, Cecilia Baranda. Québec−Uruguay, 2018, 84 minutes.