Le 7e art au 7e ciel à Paradiso

La projection de «Mirai» est combinée à une classe de maître avec l’animatrice de personnages Samantha Youssef.
Photo: MK2 | Mile End La projection de «Mirai» est combinée à une classe de maître avec l’animatrice de personnages Samantha Youssef.

En ce début d’hiver, alors que les remises de prix cinématographiques se succèdent, il peut être difficile pour les films hors concours de tirer leur épingle du jeu. Pour déjouer cette tendance, la maison de distribution MK2 | Mile End s’associe au Centre Phi pour une seconde année, histoire de faire rayonner autrement sa programmation à venir.

À mi-chemin entre le festival classique et le cabaret effervescent, Cinéma Paradiso, dont la version parisienne ravit déjà les cinéphiles depuis 2013, propose, encore cette année, de sortir le 7e art — et en même temps son public — de sa zone de confort.

« C’est difficile d’inciter les gens à aller voir autre chose que ce qui est en lice pour les Oscar en ce moment, expose Ariane Giroux-Dallaire, directrice de la distribution chez MK2 | Mile End. Alors oui, le festival, c’est un peu ça : présenter nos films différemment, de manière plus festive, pour piquer la curiosité du public. »

Et si l’an dernier le Centre Phi, chargé d’étoffer la programmation cinématographique à l’aide d’événements inédits, y allait encore à tâtons, la petite équipe a cette fois décidé de mettre le paquet, notamment en proposant une « expérience » pour chacune des projections et en éclatant les genres.

Les films sont présentés en avant-première dans une petite salle qui confère au moment quelque chose de presque intime. Une atmosphère qui donne lieu à des échanges avant et après la projection.

« L’année passée, on était encore un peu gênés, lance en riant Emmanuelle Héroux, directrice de la programmation de ce pôle culturel qui a pignon sur rue dans le Vieux-Montréal. Mais là, on le sait que ça fonctionne, alors on a décidé d’aller vraiment dans toutes les directions — on a voulu se faire plaisir ! »

La plus-value de l’expérience

Depuis mardi, le public est donc non seulement invité à découvrir toute une série de films en avant-première canadienne (ces derniers arriveront sur nos écrans plus tard au courant de l’année), mais il peut également prendre part à des activités complémentaires. Fortement inspirées par les projections elles-mêmes, celles-ci se présentent un peu comme un « à-côté », « une sorte de plus-value à l’expérience cinématographique », indique celle qui travaille pour le Centre depuis près de trois ans. « Tout est dans l’expérience, ajoute-t-elle. L’idée est d’amener les gens ailleurs, tout en leur proposant quelque chose avec lequel ils sont habitués ; on veut déstabiliser, mais que le tout se fasse en douceur. »

Photo: Roy Export SAS Le public a déjà eu droit, dans les derniers jours, à une mise en son et lumière du classique «The Kid» de Chaplin.

Et l’offre va vraiment dans toutes les directions, le cinéma semblant finalement — malgré son allure indémodable — se marier sans peine à toutes sortes d’autres formes artistiques : de la musique à l’art culinaire, en passant par la littérature.

Le public a déjà eu droit, dans les derniers jours, à une mise en son et lumière du classique The Kid de Chaplin ; plus tard en fin de semaine, ce sont les fines bouches qui pourront découvrir un (ou deux) film(s) par les yeux et par le ventre.

« Autant le cinéphile invétéré que la famille désireuse [à noter ici que la projection de Mirai affiche malheureusement déjà complet] d’ouvrir ses horizons devraient y trouver son compte », souligne Emmanuelle Héroux, un sourire dans la voix.

Photo: MK2 | Mile End Ciné-gourmet avec le film «Diane», accompagné d’un repas thématique

C’est donc l’occasion de découvrir de nouvelles projections avant tout le monde, mais aussi de vivre le cinéma dans une ambiance complètement inédite — loin de la salle sombre, des odeurs de maïs soufflé et des rires étouffés. « Au-delà des événements parallèles, il y a aussi notre décor qui contribue à changer l’expérience, affirme Emmanuelle Héroux. Les films sont présentés dans une petite salle qui confère au moment quelque chose de presque intime. C’est une atmosphère qui donne lieu à des échanges avant et après la projection, les gens sont plus portés à se parler parce qu’ils ont vécu quelque chose ensemble. »

« C’est une rare occasion de rencontre entre des gens qui se passionnent pour le cinéma, ajoute Ariane Giroux-Dallaire de MK2 | Mile End. Et même pour nous, c’est assez unique ! Un distributeur a rarement la chance de prendre le pouls du public, directement en salle. Ce n’est pas quelque chose que la diffusion standard permet.

Cinéma Paradiso, plus qu’un festival ou un lancement, c’est donc pour nous une occasion de voir et d’entendre ce que les gens pensent vraiment des films qu’on leur propose. »

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Jusqu’au 2 février au Centre Phi, 407, rue Saint-Pierre, Montréal.