Capharnaüm (V.O. avec s.-t.f.)

À la mort de sa petite sœur vendue à un voisin par ses parents, Zain, un enfant des rues, intente un procès à ceux-ci. Son grief : qu’ils l’aient mis au monde. En dépit de l’intelligence de la réalisation de Nadine Labaki, qui privilégie une caméra en phase avec Zain, c’est-à-dire sur le qui-vive et à hauteur d’enfant, Capharnaüm ne fonctionnerait pas sans Zain al-Rafeea. Un réfugié syrien dans la vraie vie, il confère au jeune héros une vérité de chaque instant. La plupart des interprètes sont des non-professionnels comme lui. Justement, l’authenticité douloureuse qui émane de la distribution pallie en partie le manque de fluidité d’un récit sincère mais ponctué, hélas, de trop nombreux points d’orgue émotionnels. À terme, le film a valeur de plaidoyer adressé à un monde en perte d’humanité, une exhortation à chérir davantage ce qu’il a de plus précieux : ses enfants. Car il est des richesses qui ne devraient jamais être monnayées.

Notre critique complète

Horaire en salles

Capharnaüm (V.O. avec s.-t.f.)

★★★ 1/2

Drame social de Nadine Labaki. Avec Zain al-Rafeea, Yordanos Shifera, Fadi Kamel Youssef, Kawtar al Haddad, Cedra Izam. Liban–États-Unis–France, 2018, 123 minutes.