Deux courts métrages québécois à la grand-messe du cinéma

Photo: Matt Sayle Archives Invision/AP
Joie à l’annonce mardi des nominations de la 91e soirée des Oscar. En effet, donnés favoris depuis un moment, les courts métrages québécois Marguerite, de Marianne Farley, et Fauve, de Jérémy Comte, sont tous deux retenus. C’est, sauf erreur, la première fois qu’un tel cas de figure se produit. Par ailleurs, les films A Star is Born (Une étoile est née) et Roma dominent sans trop de surprise dans les principales catégories.

Réalisé, interprété et coscénarisé par Bradley Cooper, A Star is Born est un remake de l’auguste histoire d’amour entre une vedette sur le déclin, qu’il incarne, et une aspirante chanteuse qui monte, cette dernière interprétée par Lady Gaga. Objet de maintes prédictions depuis sa sortie, le film cumule huit nominations dans des catégories clés telles Meilleur film, Meilleur scénario adapté, Meilleure photo, Meilleure actrice et Meilleur acteur. Pour disputer la statuette du meilleur acteur à Cooper : Christian Bale dans Vice, Willem Dafoe dans At Eternity’s Gate (À la porte de l’éternité), Rami Malek dans Bohemian Rhapsody et Viggo Mortensen dans Green Book (Le livre de Green).

Oui, il y aura de nouveau rencontre au sommet entre Lady Gaga et Glenn Close. Épouse d’écrivain célèbre qui se rebiffe dans The Wife, elle fut lauréate surprise mais ô combien méritée lors des récents Golden Globes, cérémonie, il convient toutefois de le préciser, n’ayant traditionnellement pas d’incidence sur les Oscar.

Rayon interprétation, ces dames sont en compagnie d’Olivia Colman pour The Favourite (La favorite), de Melissa McCarthy pour Can You Ever Forgive Me ? (Pourras-tu me pardonner un jour ?), et de Yalitza Aparicio pour Roma, l’autre film, en l’occurrence, que la plupart des observateurs voient depuis longtemps couvert de lauriers.

Ce long métrage d’Alfonso Cuarón, inspiré par la bonne qui tint maison chez lui au temps de son enfance à Mexico, part avec pas moins de 10 nominations. Non content d’apparaître dans la catégorie du Meilleur film en langue étrangère aux côtés des Capharnaüm de Nadine Labaki, Never Look Away de Florian Henckel von Donnersmarck, Une affaire de famille de Hirokazu Kore-eda et La guerre froide de Pawel Pawlikowski, Roma concourt dans la catégorie du Meilleur film également.

L’opus de Cuarón se signale aussi dans les catégories Meilleure réalisation, Meilleur scénario original, Meilleure actrice (Yalitza Aparicio) et Meilleure actrice de soutien (Marina de Tavira). Fait intéressant dans cette catégorie : comme dans leur film The Favourite, Emma Stone et Rachel Weitz s’y affronteront.

À signaler
Surprise, à ce propos, puisque The Favourite cumule lui aussi 10 nominations, et pas les moindres : Meilleur film, Meilleure actrice, Meilleure réalisation (Yorgos Lanthimos), Meilleur scénario, Meilleure photo, etc.

Autre particularité cette année : les catégories de la Meilleure réalisation et de la Meilleure direction photo accueillent deux candidats en langues étrangères, à savoir Roma et La guerre froide.

Outre Roma, A Star is Born et The Favourite, les autres films qui se feront la lutte en tant que meilleur film, catégorie pouvant depuis quelques années accommoder jusqu’à 10 titres afin que s’y glissent quelques films populaires susceptibles de rehausser des cotes d’écoute en baisse, sont : Black Panther (Panthère Noire) de Ryan Coogler, BlacKkKlansman (Opération infiltration), de Spike Lee, Bohemian Rhapsody, de Bryan Singer, Green Book, de Peter Farrelly, et Vice, d’Adam McKay.

À noter que Vice obtient huit nominations, dont réalisation ; BlacKkKlansman six, dont réalisation ; Green Book cinq ; et Bohemian Rhapsody cinq aussi.

Réalisatrices exclues
Huit films en lice pour la plus haute distinction, donc, et aucun réalisé par une femme, alors qu’on aurait volontiers vu You Were Never Really Here (Tu n’as jamais été vraiment là) de Lynn Ramsay, Leave No Trace (Sans laisser de trace) de Debra Granik, voire Can You Ever Forgive Me ? de Marielle Heller, être considérés.

À cet égard, on se consolera en pensant à Marianne Farley et à son très émouvant Marguerite, œuvre délicate et sensible sur une dame âgée (Béatrice Picard) qui, au contact d’une infirmière pleine de sollicitude (Sandrine Bisson), exhume des désirs enfouis pour mieux faire la paix avec ceux-ci.

« J’ai écrit ce film pour rendre hommage à toutes ces personnes pour qui la liberté reste un concept abstrait ou toujours inaccessible », a déclaré la cinéaste et comédienne.

Ce sera une compétition crève-cœur avec Fauve, dans lequel Jérémy Comte relate avec poésie les premières douleurs d’une enfance qui cesse brusquement d’être insouciante.

« Fauve est né d’un rêve récurrent que j’avais quand j’étais petit et durant cette même période, mon désir de faire du cinéma s’est enraciné », a-t-il pour sa part confié.

Verdict le 24 février.