Année faste pour les réalisatrices québécoises

Scène tirée du film «Chien de garde», de Sophie Dupuis
Photo: Babas Levrai Scène tirée du film «Chien de garde», de Sophie Dupuis

L’année 2018 en aura été une d’excellence pour les réalisatrices de la province, selon Mediafilm. Parmi les longs métrages québécois que les critiques de cinéma de l’agence de presse ont préférés, une majorité a été réalisée par des femmes, indique le bilan annuel de l’organisme dévoilé jeudi.

Les films Chien de garde de Sophie Dupuis, Ava de Sadaf Foroughi, Pauline Julien, intime et politique de Pascale Ferland, Primas de Laura Bari et Les salopes ou le sucre naturel de la peau de Renée Beaulieu ont obtenu la cote 3, soit « très bon ». Seulement quatre longs métrages québécois de réalisation masculine se classent aussi bien.

« Je suis très contente que ces films soient bien cotés, étant donné que Mediafilm donne rarement de bonnes cotes à des films de femmes », réagit, nuancée, Isabelle Hayeur, présidente de Réalisatrices équitables, un organisme à but non lucratif voué à l’atteinte de l’égalité des sexes dans le domaine de la réalisation au Québec. Mme Hayeur profite de l’entretien pour appeler à une réflexion sur la notion de chef-d’oeuvre, où « il est actuellement impossible de parler de parité ». « Quand il est question d’évaluation subjective, les femmes sont constamment recalées », soutient-elle.

« Dans les dernières années, Réalisatrices équitables a travaillé à établir la parité dans la distribution des fonds pour les cinéastes. Ça n’avait pas de bon sens que les femmes récoltent si peu d’argent ; c’était ça, le plus urgent. » Maintenant que les institutions subventionnaires ont répondu positivement à cette demande, l’organisme entend pousser pour une redéfinition du « grand film ». « C’est beau, la Nouvelle Vague, mais il y a autre chose aussi ! » dit Isabelle Hayeur.

L’oeuvre du temps

L’année dernière, Mediafilm a attribué une cote à 431 longs métrages sortis en salle, sur une échelle allant de « minable » à « chef-d’oeuvre ». Ce sont ces cotes de 1 à 7 qui sont reproduites dans nombre de journaux au Québec. Quelque 71 films ont obtenu la cote « très bon », dont 9 films québécois.

Trois longs métrages se sont vu attribuer la cote 2, « remarquable », mais aucun d’entre eux n’est canadien ni féminin : The Favourite de Yórgos Lánthimos, Phantom Thread de Paul Thomas Anderson et Roma d’Alfonso Cuarón.

Pour obtenir l’appellation « chef-d’oeuvre » (1) de Mediafilm, les films doivent résister à l’épreuve du temps. La meilleure cote ne peut être attribuée que vingt ans après la parution du long métrage. Cette année, Saving Private Ryan, et The Thin Red Line, tous deux sortis en 1998, ne sont pas montés en grade, conservant leur cote de 2.

Fondé en 1955, Mediafilm compile les synopsis, critiques, cotes et données génériques de près de 70 000 films.

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