À voir à la télévision le lundi 10 mai - D'amour et d'amitié

Le triangle amoureux, François Truffaut et tant d'autres en ont exploré tous les angles, exposé tous les écueils et célébré toutes les ivresses d'un tel partage, jamais équitable. Marion Vernoux (Personne ne m'aime, Reines d'un jour) nous offre sa variation sur ce thème éculé dans Love, etc., adaptation d'un roman à succès de l'écrivain britannique Julian Barnes.

Pierre (Charles Berling) a toutes les filles à ses pieds, sans compter ses étudiantes qui n'hésitent pas à se dénuder pour mettre du piquant dans leurs leçons privées de littérature... Une seule femme lui résiste, Marie (Charlotte Gainsbourg, d'un naturel toujours désarmant), et c'est celle-là qu'il veut entre toutes, l'aimant au point de commettre les pires bêtises — et il en accomplira quelques-unes assez rigolotes. Cette révélation amoureuse foudroyante s'est malheureusement produite lors du mariage de cette charmante restauratrice de tableaux avec Benoît (Yvan Attal, devenu depuis le beau-fils de Jane Birkin), le meilleur ami de Pierre. Le nouveau marié, un garçon timide, ne croit pas encore à sa chance d'avoir rencontré une femme comme Marie.

Toutes les petites trahisons qui parsèment le quotidien de ce couple soudé par un amour fragile sont minutieusement décrites dans Love, etc., d'abord avec un humour badin (Berling en fait des tonnes dans le genre tombeur parisien et bavard, jusqu'à l'épuisement de son auditoire) pour culminer dans un affrontement qui sonnera — peut-être... — la fin de ce trio. Et dans ce deuxième long métrage de Marion Vernoux, réalisé en 1996, l'arrivée du nouveau millénaire apparaît comme un événement porteur d'espoir pour la suite de leur amitié. Les personnages du film y voient d'ailleurs une sorte d'horizon nouveau, un moment charnière qui bouleversera tout, sauf leurs liens fraternels. Le futur est parfois bien imprévisible.

Love, etc.

Radio-Canada, 23h