À voir à la télévision le dimanche 9 mai - Mieux qu'une blague belge

Benoît Poelvoorde affiche une grande aisance à camper les monstres à la bouille sympathique. Tueur en série dans C'est arrivé près de chez vous, guide et amateur de plein air au dynamisme épuisant dans Les Randonneurs, il s'amuse une fois de plus à nous exaspérer dans Les convoyeurs attendent, le premier long métrage du documentariste belge Benoît Mariage.

Tourné en 1996 et se déroulant «à l'aube de l'an 2000» dans une petite ville industrielle de la Wallonie, Les convoyeurs attendent nous présente une famille dominée par un père autoritaire et ambitieux (Poelvoorde), obsédé par la performance, rêvant d'être autre chose qu'un reporter de faits divers pour le journal local. Jamais à court d'idées saugrenues, il enrôle son fils Michel (Jean-François Devigne) dans une entreprise invraisemblable pour gagner une bagnole. Imaginez: le garçon devra ouvrir et fermer une porte plus de 40 000 fois en 24 heures afin d'établir un nouveau record mondial... La préparation à cet exploit absurde ne pourra se faire sans des techniques hautement scientifiques et la présence d'un entraîneur rompu aux méthodes américaines de productivité!

Tout cela pourrait faire l'objet d'une autre de ces bonnes blagues belges dont les Français sont si friands, mais ce n'est que l'une des petites surprises de ce film à l'humour impertinent et au regard plein de tendresse pour cet univers à la fois tristounet et excentrique. Les aventures de ses personnages n'ont pour Benoît Mariage rien de surréaliste, se méfiant beaucoup de cette étiquette, surtout lorsqu'il est question du cinéma belge: «Je me sens aux antipodes du surréalisme, mais plutôt dans une forme d'hyperréalisme. Le surréalisme, au sens strict, naît du rêve, de l'inconscient. Ici, on est rivé au réel, au terre à terre!»

Les convoyeurs attendent

Télé-Québec, 22h30