De jeunes voix qui portent au FCIAT

«Délia de 9 à 5» présente le rude quotidien de la cinéaste Délia Gunn, capté en une suite de saynètes hivernales.
Photo: Office national du film «Délia de 9 à 5» présente le rude quotidien de la cinéaste Délia Gunn, capté en une suite de saynètes hivernales.

Depuis 2014, l’Office national du film déploie une initiative très concrète visant à stimuler la fibre créatrice d’aspirants cinéastes ne bénéficiant pas des ressources centralisées dans la métropole. Ainsi, le Studio documentaire du Programme français de l’ONF visite-t-il le Québec une région à la fois avec son Projet 5 courts, mettant à la disposition de nouveaux talents les moyens techniques de s’exprimer dans de très courts métrages. Le Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, région retenue cette année, projette lundi les films de la plus récente cuvée.

En trois tournées, après celles effectuées dans les régions de Québec et du Saguenay–Lac-Saint-Jean, celle de l’Abitibi-Témiscamingue est la première à réunir cinq réalisatrices. Sur place, l’ONF a fait équipe avec la société de production Nadagam films, basée à Val-d’Or et dirigée par Serge Bordeleau.

De format documentaire très court, les films ont donc concrètement une durée de moins de trois minutes. Qu’à cela ne tienne, il suffit parfois de peu pour dire beaucoup.

Ainsi, Les enfants des nomades, d’Évelyne Papatie, dans lequel le père de la réalisatrice, désespéré de trouver une voiture pour ramener à temps sa fille dans sa famille d’accueil à Val-d’Or, l’y conduisit finalement en vélo depuis la réserve. « Mon père était un héros pour moi », relate Papatie.

Coup de coeur aussi pour Délia de 9 à 5, de Délia Gunn (réalisatrice découverte, comme la précédente, par le Wapikoni mobile), où le quotidien, du matin au soir, est capté en une suite de saynètes hivernales allant du laborieux transport de l’eau jusqu’aux voyages de bois de chauffage. Une rude journée en série, sans jamais perdre le sourire en s’occupant des tout-petits, mais avec cet occasionnel instant de contemplation douloureuse avant la reprise du labeur incessant.

Non sans esprit de continuité, dans La charge mentale pour les nuls, Jessy Poulin donne la parole, avec une esthétique humoristique grinçante, à un échantillonnage hétéroclite de femmes qui expliquent avec force exemples en quoi consiste ladite « charge ».

« Je me revois quand j’étudiais au bac en même temps que je travaillais. Je venais de me séparer. Je m’installais dans ma chambre sur ma planche à repasser en faisant pas de bruit pour pas déranger la maisonnée. Parce que, t’sais, la vie continue », confie l’une d’elles.

De son côté, Émilie Villeneuve propose dans Mamie et Mia ce moment, délicieux dans tous les sens du terme, où la petite Mia confectionne avec sa grand-mère un premier gâteau, activité en l’occurrence hautement symbolique pour les femmes de la famille depuis des générations.

Enfin, Gabrielle Cornellier filme elle aussi un rapprochement générationnel, organisé, celui-là, autour d’une grande séance de danse en ligne, dans l’hilarant et touchant Orteils talons orteils talons.

De petites merveilles. Excellente nouvelle, l’ONF les rend accessibles, gratuitement, sur son site dès lundi.