«Maria by Callas»: prise de parole posthume

Maria Callas à La Scala en 1954
Photo: Fonds de dotation Maria callas Maria Callas à La Scala en 1954

Avec ce documentaire à la première personne, celle de Maria Callas, le réalisateur Tom Volf donne accès à l’intimité de celle qu’on surnomma la « diva assoluta », ou diva absolue.

C’est une entrevue accordée à David Frost en 1970, diffusée en direct et qu’on croyait perdue, qui sert d’écrin à une suite de confidences tirées des journaux de la cantatrice. Des images d’archives souvent rares, parfois inédites, se succèdent en un flot de pensées chronologique.

À la narration (livrée par Fanny Ardant), Callas réfléchit à son parcours et ses aléas dans un milieu macho où une femme de tête est volontiers taxée, justement, de « diva ».

Elle se penche sur ses amours, dont le plus grand, total, pour le riche play-boy Aristote Onassis sera ultimement malheureux. Cela, « au présent », avec une immédiateté émouvante.

Le matériel réuni par Volf, qui a effectué des recherches minutieuses en plus de bénéficier de la collaboration des proches encore vivants de Callas, fusionne en un tout cohésif, limpide.

Intuitif, le montage de Janice Jones confère en outre une fluidité exemplaire à cet exercice de mémoire. Une mémoire longtemps occultée, en cela que tant de son vivant que depuis sa disparition en 1977, Maria Callas fut souvent racontée et cernée par d’autres. Ce qui est fort bien, pour peu que la principale intéressée ait voix au chapitre.

Œuvre d’un admirateur avoué, Maria by Callas permet une prise de parole posthume éclairante.
 



Une version précédente de ce texte, dans laquelle l'entrevue de 1970 était attribuée à Mark Frost, a été modifiée.

 

Maria by Callas

★★★★

De Tom Volf, États-Unis, France, 2018, 113 minutes.