Les flâneurs

François Lévesque

Exercice de style
Ceux qui la suivaient depuis ses premiers courts métrages la savaient douée. Promesses tenues pour Sophie Dupuis avec son premier long, Chien de garde, récit énergique et à fleur de peau de deux frérots criminels. L’un veut en sortir, l’autre pas. Jean-Simon Leduc impose un charisme tranquille parfait face au survoltage splendide de Théodore Pellerin. Une réalisation très assurée, et un choix judicieux pour représenter le Canada pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. De nouveau au cinéma.


Odile Tremblay

Hommage aux femmes inuites
À la salle d’exposition de la Place des Arts, on se laisse fasciner par Arnait de Karine Giboulo. Cette artiste rend hommage, avec des figurines et des maquettes, à la créatrice inuite Annie Pootooggok, morte tragiquement en 2016 dans la rivière Rideau à Ottawa. L’expo s’est réalisée avec l’appui de femmes inuites, dont l’une a fait une sorte de courtepointe avec des contraventions. À l’entrée, en écorché, Country food diner à Verdun montre un groupe d’Inuits qui se tient les coudes, alors qu’un gardien de sécurité s’ennuie seul : vrai poème d’éloquence. Des Inuits, des travailleurs du milieu viennent voir l’expo et animent le lieu, en plus.


Caroline Montpetit

Curieux de nature
Brillant dans un certain désert de revues « sérieuses » pour adolescents, le magazine Curium, produit par la valeureuse équipe des Débrouillards, accompagne les 14 ans et plus dans cette périlleuse et palpitante aventure qu’est l’adolescence. Sous l’étiquette de magazine de « science, techno et société », on y pose ce mois-ci des questions comme « l’espace est-il privé ? » et on y démystifie l’épilepsie à travers un témoignage. Le numéro de juillet-août portait quant à lui sur l’éducation sexuelle, en en affrontant les enjeux adolescents sans tabous. En septembre, les parents y apprenaient, avec soulagement, que la crise d’adolescence n’est pas, semble-t-il, incontournable.


Manon Dumais

Le grand amour de sa vie
« Les critiques de cinéma sont parfois les assassins du plaisir. Ou, a contrario, d’essentiels passeurs », écrit René Homier-Roy dans la préface de Mon cinéma, du journaliste Marc-André Lussier, également coauteur de la biographie du premier (Moi, Leméac, 2018). Bourreau de travail, cinéphile averti et critique aguerri, le confrère de La Presse appartient certainement à la seconde catégorie. Version enrichie du Meilleur de mon cinéma (Éditions La Presse, 2013), Mon cinéma comporte des recensements des meilleurs films dressés par l’auteur depuis 35 ans, ainsi que des portraits de cinéastes et d’acteurs d’ici et d’ailleurs. Du plaisir à chaque page pour les amoureux du septième art.