En guerre

Photo: Diaphana Distribution

Longtemps associé à un cinéma mélancolique, jamais tapageur, Stéphane Brizé a pris depuis peu une tangente politique, déjà bien affirmée dans La loi du marché et tonitruante dans En guerre, troisième collaboration avec Vincent Lindon, abordée avec douceur dans Quelques heures de printemps. Le voilà qu’il nous met sur la ligne de front, celle d’une grève menée par des ouvriers d’une usine de pièces automobiles qui risque de fermer. Sous la gouverne énergique de Laurent (Lindon en grande forme), dirigeant syndical, les troupes multiplient les assemblées et les manifestations, succession étonnante de discussions enflammées où la tension monte et de gestes spectaculaires flirtant parfois avec la violence. Dans un style agité qui se confond avec celui des nouvelles télévisées (des reportages ponctuent cette chronique étalée sur plusieurs semaines), En guerre décrit un combat féroce, inégal, actuel : le travailleur contre l’actionnaire, l’employé contre le patron, l’électeur contre le politicien. Brizé a choisi son camp, et le fait savoir bruyamment.

Notre critique complète

Horaire en salles

En guerre

★★★ 1/2

Drame social de Stéphane Brizé. Avec Vincent Lindon, Mélanie Royer, Jacques Borderie, David Rey. France, 2018, 113 minutes.