Le cinéaste Costa-Gavras doit démentir son propre décès

Costa-Gavras au Festival de Cannes en 2017
Photo: Loïc Venance Archives Agence France-Presse Costa-Gavras au Festival de Cannes en 2017

Le cinéaste franco-grec Costa-Gavras, 85 ans, a dû démentir jeudi son propre décès, annoncé par plusieurs médias internationaux, sur la foi d'un faux tweet, qui serait une nouvelle action d'un journaliste italien souhaitant dénoncer la fragilité des réseaux sociaux.

Joint au téléphone par la télévision publique grecque ERT, Costa-Gavras a indiqué qu'il s'agissait « d'une blague de mauvais goût ».

La fausse nouvelle a été publiée jeudi matin sur un compte Twitter présenté comme celui de la nouvelle ministre grecque de la Culture Myrsini Zorba, et a été reprise immédiatement par de nombreux médias dans le monde entier, dont l'agence de presse américaine Associated Press.

Le ministère de la Culture, joint au téléphone avant l'intervention de M. Gavras à ERT, avait démenti la nouvelle à l'AFP, en soulignant que la ministre « n'a fait aujourd'hui aucun tweet sur son compte personnel ou officiel ».

Mme Zorba a ensuite démenti elle-même à l'agence de presse grecque ANA : « Ce n'était pas mon compte, je n'ai pas publié cette nouvelle. » Elle a indiqué avoir saisi la police.

« Ce compte est un faux, créé par le journaliste italien Tommasso Debenedetti », a dans la foulée indiqué un nouveau tweet du faux compte @MZorbaGR, avant que le compte ne disparaisse.

M. Debenedetti, s'il est bien l'auteur de toute cette affaire, est un récidiviste: en 140 caractères, il a déjà « tué » l'écrivaine JK Rowling, Mikhaïl Gorbatchev, Fidel Castro ou le pape, présentant ses tweets fallacieux comme un outil pour dénoncer les « points faibles » des médias et « la fragilité des réseaux sociaux ».

« Je ne m'en prends qu'à des personnalités de premier plan qui ont tout à fait les moyens de démentir très vite. Je n'annoncerais jamais la mort d'un écrivain de second rang ou celle de ma voisine de palier », avait-il indiqué en 2013 dans une interview à l'AFP.

Il avait alors souligné avoir l'habitude de démentir la fausse nouvelle dans l'heure qui suit le premier tweet, ce qui a été le cas jeudi.

Costa-Gavras a semblé faire écho à ces préoccupations dans son intervention sur ERT: il y a « cette situation bizarre avec les nouvelles, partout dans le monde il y a ce genre de canulars qui deviennent instantanément la vérité pour certains », a-t-il relevé. 

Il a indiqué avoir été averti de l'affaire par l'appel d'une journaliste. « Elle était très contente que je sois vivant, nous sommes tous très contents », a-t-il plaisanté, tandis qu'en arrière-fond de la conversation son portable ne cessait de sonner. 

Figure du cinéaste engagé, à l'oeuvre nourrie par les convulsions politiques de l'histoire grecque, le réalisateur, de son vrai nom, Konstantinos Gavras, a accédé à la notoriété avec ses films Z et L'Aveu. 

À 85 ans, il s'est lancé dans un nouveau projet, une adaptation d'un livre de l'iconoclaste ancien ministre grec des Finances, pourfendeur de l'Europe libérale, Yanis Varoufákis.