Le 42e FFM est presque sur les rails

La billetterie du Cinéma Impérial, chef-lieu du FFM, était ouverte à l’heure prévue, mercredi.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir La billetterie du Cinéma Impérial, chef-lieu du FFM, était ouverte à l’heure prévue, mercredi.

Malgré les embûches (financières), malgré l’apparente désorganisation de la machine, le 42e Festival des films du monde (FFM) semble en voie d’avoir lieu. Des films, des salles, une soirée d’ouverture et les indispensables festivaliers : mercredi, à un jour de l’ouverture, tous les ingrédients répondaient « présent ».

La programmation mise en ligne dans la nuit de mardi à mercredi était néanmoins incomplète. Elle ne comportait aucune description de film et elle ne concernait que la grille horaire du cinéma Impérial, l’immuable quartier général. Il était pourtant question que d’autres salles accueillent des films, notamment aux cinémas du Quartier latin, comme lors d’éditions précédentes (sauf en 2017).

Malgré l’absence de précisions à cet égard, y compris sur le site Web du Quartier latin, on peut conclure que le FFM se déroulera aussi, dès vendredi, sur la rue Émery. L’entreprise Cineplex, gestionnaire des cinémas du Quartier latin, a confirmé par courriel que les auditoriums 10, 12 et 13 ont été réservés au FFM. Les premières séances débuteront à 11 h, « tous les jours ».

« Nous partageons l’amour des films avec la communauté et nous sommes heureux de pouvoir collaborer à nouveau avec le festival cette année », a laissé entendre, de manière succincte, Daniel Séguin, directeur général Québec chez Cineplex.

Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Serge Losique, grand patron du Festival des films du monde, aura une fois de plus relevé le défi d’organiser son événement contre vents et marées.

Pour connaître les grilles horaire et tarifaire, l’entreprise ontarienne invite les festivaliers à se tourner vers le FFM. Mercredi après-midi, dans les bureaux de celui-ci, le responsable de la programmation travaillait encore à caser chacun des films. On espérait que tout serait prêt la nuit suivante.

Hôte en 2017, le cinéma du Parc, lui, n’accueillera pas le FFM cette année. Mais ce n’est pas par mauvaise expérience, affirme le p.-d.g. de ce diffuseur.

« On a été payé, ça s’est très bien passé [en 2017] », dit Mario Fortin. Si le cinéma du Parc ne revient pas, c’est qu’une des salles n’est pas prête — on a changé les sièges —, et le FFM aurait voulu en louer plus qu’une.

Fidèles un jour, fidèles toujours

La billetterie de l’Impérial, elle, était prête. Comme annoncé sur le site Internet du FFM, elle a ouvert ses portes à l’heure dite (14 h). Et livré ses premiers billets.

Après une demi-heure de service, une dizaine de ventes avaient été conclues, selon le guichetier. Des tickets pour le film d’ouverture, Samurai’s Promise, du Japonais Daisaku Kimura, avaient été achetés (à 13,50 $ l’unité), mais aussi des livrets de six billets (74 $) et même trois passeports d’une valeur de 200 $ chacun.

Ceux qui se sont présentés ont cependant découvert qu’à l’Impérial on n’achète que les séances de l’Impérial — et seulement celles du jour même. Sur les livrets et les passeports, il est notamment inscrit noir sur blanc que chacun d’eux est « Valable uniquement au Cinéma Impérial ». Mais ils donnent accès à n’importe quelle séance, y compris les films d’ouverture et de clôture.

En ce premier après-midi de vente, il n’y avait pas foule, surtout pas la folie de jadis. Mais les festivaliers qui s’y sont pointés étaient des purs et durs. On y a rencontré la fidèle de longue date — « Je fréquente le FFM depuis 1983 », dit-elle —, le couple new-yorkais de retour au festival pour une cinquième fois en quinze ans ou encore le nouvel adepte, qui n’a découvert l’événement qu’en 2014.

« J’ai toujours trouvé [le FFM] intéressant, je peux voir des films que je ne vois pas ailleurs », dit Isabelle, cette abonnée de longue date, qui affirme même trouver son compte lorsque la qualité n’est pas au rendez-vous. « J’ai vu un film surexposé du Bangladesh, c’était sur la mousson, et il m’a permis d’avoir la vision de quelqu’un qui raconte la chose à sa façon », se souvient celle qui n’a jamais hésité à faire un don d’argent au FFM les années où elle n’achetait pas beaucoup de billets.

Le couple de New York aime le festival pour les mêmes raisons : la possibilité de découvrir des « cinéastes inconnus ». Même son de cloche chez Mustapha Sbata, qui fréquentera le FFM pour une cinquième année de suite. « J’ai l’impression d’être en voyage et de revenir chez moi après. C’est dommage qu’il ne reçoive plus de subventions », commente-t-il cependant, avouant s’ennuyer des séances gratuites en plein air.

Un labyrinthe

Aminci, certains diront amoindri, le FFM roulera pour une 42e édition, il faut croire.Bien des choses restent cependant à déterminer. Festival compétitif, il n’a pourtant pas encore annoncé le jury qui aura à juger 25 longs métrages.

Il demeure difficile d’obtenir des réponses à des questions de base. Aucun nom ne figure comme responsable des relations avec les médias. Il n’a été possible ni de fixer des entrevues avec des cinéastes ni d’avoir accès à des liens pour visionner des films.

À voir l’équipe d’un film chinois totalement déroutée à l’entrée des bureaux du FFM, le festival demeure un véritable labyrinthe. La réalisatrice et productrice Yu hong vient présenter son premier film Aloes— selon la traduction de l’interprète qui accompagne l’équipe. Or, tout ce beau monde attendait encore de savoir où le film serait à l’affiche. Sans accréditations, la réalisatrice et ses collègues auraient souhaité qu’un journaliste leur dise désormais quoi faire.