«7 jours pas plus»: pas un de plus

Le comédien belge Benoît Poelvoorde joue Pierre, un quincaillier misanthrope qui se brouille avec plein de gens dans «7 jours pas plus».
Photo: Axia Films Le comédien belge Benoît Poelvoorde joue Pierre, un quincaillier misanthrope qui se brouille avec plein de gens dans «7 jours pas plus».

À titre de scénariste, Hector Cabello Reyes n’a guère l’étoffe d’un Jérôme Tonnerre, encore moins d’un Jean-Claude Carrière, mais il sait bricoler des comédies efficaces (Retour chez ma mère, d’Éric Lavaine), voire grinçantes (9 mois ferme, d’Albert Dupontel).

Avec 7 jours pas plus, manquait-il à ce point d’imagination pour céder à la tentation du remake au moment de faire ses premiers pas de cinéaste ? C’est pourtant ce qu’il a décidé en jetant son dévolu sur Un cuento chino, de l’Argentin Sebastian Borensztein : de Buenos Aires, nous voilà parachutés dans le nord de la France, et plutôt qu’un ressortissant chinois, c’est un migrant indien qui joue ici l’élément perturbateur.

Faut dire que ça ne prend pas grand-chose pour perturber Pierre (Benoît Poelvoorde, qui reprend avec paresse tous ses tics), un quincaillier misanthrope et méticuleux qui se brouille avec tellement de gens qu’on se demande ce qu’il fait encore en affaires. Son caractère abrasif ne semble pas effrayer Jeanne (Alexandra Lamy dans un rôle ingrat et sans profondeur), une belle fermière (jamais vue dans son élément « naturel », et c’est tant mieux pour la vraisemblance) dont la cour effrénée auprès de ce râleur professionnel relève quasiment du masochisme.

Or, le changement ne vient parfois que sous la forme d’un électrochoc. Celui-ci se nomme Ajit (Pitobash, star du cinéma indien), migrant échoué dans le port de cette petite ville grise jamais nommée et tombant aux pieds de Pierre, dont l’âme missionnaire atteint vite ses limites. Par quel mystère décide-t-il de jouer au bon samaritain ? Il n’a en réserve que sept jours de patience, après quoi cet éclopé à la recherche de son oncle, et meurtri par un drame absurde servant d’introduction, devra trimballer son malheur ailleurs.

Cette dynamique de type choc des cultures (ils ne parlent pas la même langue, s’exprimant le plus souvent par gestes) rappelle parfois celle finement tissée par Tom McCarthy dans The Visitor, même si la comparaison apparaît cruelle avec 7 jours pas plus. Car après le choc initial, le récit s’articule principalement sur l’embarras du grincheux de service à voir ses habitudes bousculées, et monte en épingle son incapacité de baisser la garde devant une femme dont l’entourage se demande ce qu’elle trouve à ce commerçant recevant certains clients à coups de clé anglaise.

Affiche-t-il une quelconque curiosité des us et coutumes de son invité imposé par le destin ? Trop occupé à pratiquer le « scrapbooking » de faits divers — on comprendra plus tard pourquoi dans une scène supposément larmoyante tirée par les cheveux —, Pierre ne s’ouvre finalement qu’à la seule chose qui ne surprendra personne, sauf si vous n’avez pas mis les pieds au cinéma au cours des vingt dernières années. Un dénouement qui ne fait ni rire ni pleurer, juste un signal qu’il est enfin temps de passer à autre chose, et si possible sans cette galerie de personnages dénués d’intérêt.
 


«7 jours pas plus» sortira sur les écrans le 17 août.

7 jours pas plus

★★

Comédie de Hector Cabello Reyes. Avec Benoît Poelvoorde, Pitobash, Alexandra Lamy, Anne Girouard. France-Belgique, 2017, 91 minutes.

À noter que le film arrive en salle le 17 août.