Une première réussie à Locarno pour «Genèse»

Le film «Genèse» suit les amours tourmentées de plusieurs jeunes gens.
Photo: Marco Abraham Le film «Genèse» suit les amours tourmentées de plusieurs jeunes gens.

C’est avec soulagement que Philippe Lesage s’apprêtait mardi à quitter le Festival international de cinéma de Locarno, où a été projeté en première mondiale son dernier film de fiction, Genèse.

Genèse est également en compétition pour le Léopard d’or, qui sera décerné au festival samedi.

Le film Genèse a donc été projeté trois fois au cours de la dernière semaine, dont une première fois devant 2800 personnes et les deux autres fois dans de plus petites salles de quelque 500 personnes.

« La première, c’est très impressionnant, dit le cinéaste au téléphone. Le festival reçoit un mélange de gens de l’industrie du cinéma et de cinéphiles. »

Lesage se réjouit également de la solide réputation du Festival de cinéma de Locarno, qui célèbre ses 71 ans cette année, et qui a révélé de nombreux cinéastes.

Son film, Genèse, suit les amours tourmentées de plusieurs jeunes gens. Ce sont des « héros romantiques », dit le cinéaste, qui s’intéresse à ces passages de la vie où tout peut arriver. Il explore dans Genèse cette période où l’on peut être forcé à se conformer et où on peut aussi être amené à aimer les mauvaises personnes. Dans Les démons, son précédent long métrage de fiction, Philippe Lesage posait un regard sur les terreurs de l’enfance. Cette fois, les jeunes qu’il met en scène sont plus âgés. Alors que Charlotte, jouée par Noée Abita, est incitée à avoir des aventures par le jeune homme qu’elle aime, Maxime, (Pierre-Luc Funk), elle est écrasée par les hommes qu’elle fréquente, raconte Philippe Lesage.

Exploration

Guillaume (Théodore Pellerin) se découvre quant à lui un amour naissant pour Nicolas (Jules Roy Sicotte).

Mais Genèse n’est pas l’histoire d’un coming out homosexuel, précise Philippe Lesage.

C’est plutôt l’exploration d’une sexualité mouvante, qui peut encore changer. « C’est une découverte qui évolue et qui est en mouvement », dit Lesage.

Dans le Screen Daily, magazine britannique consacré à l’industrie du cinéma, le critique Allan Hunter rapproche Philippe Lesage du jeune Xavier Dolan.

« Lesage, par ailleurs, a une maîtrise égale du langage cinématographique et un aussi bon oeil pour la distribution », écrit-il au sujet des deux cinéastes québécois.

Théodore Pellerin et Noée Abita accompagnaient d’ailleurs Lesage à Locarno.

La sortie en salle de Genèse est déjà programmée au Québec et des discussions sont entamées avec les distributeurs français. Lesage a également reçu des offres de projection de festivals autour du monde.

Au sujet des prix qui seront décernés ce week-end, Lesage demeure philosophe. « Les prix sont absurdes jusqu’à ce qu’on les gagne », dit-il.

« Il y a tellement de négociations [au sein des jurys] que c’est presque une loterie », ajoute-t-il.

En attendant, Lesage travaille sur un autre projet : un film au sujet des limites de la masculinité, dans lequel un jeune homme découvre que le mentor qu’il admire n’est pas sans faiblesses.