«Ant-Man et la Guêpe»: plus n’égale pas mieux

Ça bouge, ça déménage. Ant-Man devient minuscule, immense, et toutes les tailles ou presque entre ces extrêmes, avec répétition comique qui s’essouffle.
Photo: Walt Disney Pictures Canada Ça bouge, ça déménage. Ant-Man devient minuscule, immense, et toutes les tailles ou presque entre ces extrêmes, avec répétition comique qui s’essouffle.

Ancien cambrioleur reconverti en superhéros, Scott Lang, alias Ant-Man, revient dans un second film solo : Ant-Man et la Guêpe. Comme c’est souvent le cas avec les suites, celle-ci offre plus de tout — effets spéciaux, humour, action —, mais moins de plaisir. Le film s’avère plutôt bon dans le contexte du vaste et hégémonique univers cinématographique Marvel, mais il n’est pas l’un des meilleurs. Cela, malgré ses qualités.

La principale demeure Paul Rudd, acteur doté d’un timing impeccable qui s’est d’office approprié le personnage maladroit mais attachant de Scott Lang/Ant-Man. Depuis J’t’aime mon homme (I Love You Man), il est le roi de l’embarras comique, aptitude qu’il met ici amplement à profit, surtout dans les moments qu’il partage avec la Hope d’Evangeline Lilly, ex-amoureuse fâchée et coéquipière forcée : la Guêpe du titre.

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Drôlerie variable

Pour autant, Rudd ne néglige jamais ce petit supplément d’âme, qu’importe la teneur dramatique ou humoristique de la scène. Idem, d’ailleurs, pour Michael Douglas dans le rôle de Hank Pym, vieux savant ronchon (et père de Hope).

Cette fois, l’intrigue tourne autour du sauvetage de Janet, mère de Hope, épouse et partenaire de Hank, qui disparut jadis dans les limbes subatomiques d’où Scott est justement revenu à l’issue du premier opus.

À cet égard, ce deuxième volet reprend le même concept d’ouverture campé dans le passé, avec stars rajeunies grâce à la magie du numérique. Ainsi, après avoir ramené Michael Douglas à son apparence de 1989 dans le prologue d’Ant-Man, voici qu’on retrouve ce dernier avec une Michelle Pfeiffer parée de sa splendeur du début de ladite décennie. Du deux pour un. Dommage qu’il faille attendre la fin du film pour revoir la bien-aimée comédienne.

Dans l’intervalle, ça bouge, ça déménage. Ant-Man devient minuscule, immense, et toutes les tailles ou presque entre ces extrêmes, avec répétition comique qui s’essouffle. Constat identique pour les tirades de Michael Peña en Luis, l’ami verbomoteur de Scott, qui provoquait systématiquement l’hilarité dans Ant-Man.

On rit encore, mais la moitié du temps.

Déficit de danger

Le problème principal réside cela dit dans ce qu’on ne sent jamais de réel danger. Le film propose pourtant, là encore fidèle à cette approche misant sur la surenchère, non pas un, mais deux antagonistes : le FBI qui surveille Scott et une mystérieuse jeune femme capable de se dématérialiser. Hélas, ni l’un ni l’autre ne s’impose comme une menace sérieuse (contrairement à l’ex-protégé instable de Corey Stoll dans l’original).

Certes, on sait que l’histoire se terminera bien, c’est entendu, mais la perspective d’un péril pour le superhéros est nécessaire pour générer de la tension, du thrill. Meilleur est le méchant, meilleur sera le film, affirmait en substance Hitchcock. C’était vrai alors, ce l’est encore.

Bref, privé de cela, Ant-Man et la Guêpe divertit, mais s’avère trop inoffensif pour laisser quelque impression durable, bonne ou mauvaise.

Ant-Man et la Guêpe (V.F. de Ant-Man and the Wasp)

★★ 1/2

Comédie fantaisiste de Peyton Reed. Avec Paul Rudd, Michael Douglas, Evangeline Lilly, Michael Peña, Michelle Pfeiffer. États-Unis, 2018, 118 minutes.